La revue ROSSO – « rouge » – a existé de 1973 à 1979 ; ce bimensuel était publié à l’origine en tant qu’organe du Gruppo Gramsci, afin de se faire le principal porte-voix de l’Autonomia Operaia, l’Autonomie Ouvrière. Quand on dit le « principal porte-voix », c’est à la fois vrai et faux :
– vrai, car ROSSO disposait d’un prestige immense et jouait un rôle de vecteur essentiel du style, des méthodes, de la vision du monde de l’Autonomie Ouvrière, en particulier avec l’idée que le sujet révolutionnaire était « l’ouvrier social », car le prolétariat a été sorti de l’usine par le capitalisme et « dilué » un peu partout dans la « métropole » ;
– faux, car ROSSO se voulait une simple composante du mouvement de l’Autonomie Ouvrière, qui consistait d’ailleurs en une myriade plus ou moins connectée de comités de lutte dans les usines, de collectifs étudiants, de groupes de quartiers et des réseaux féministes, voire d’organisations politiques et, au sens strict, il faudrait étendre cela jusqu’aux Brigades Rouges.