par Wou Kiun – Publié dans le Hongqi n°10, 1974

L’évolution de l’histoire mondiale dépend ­elle de l’hégémonie colonialiste et impérialiste ou de la révolution des peuples ? Est­-ce que ce sont les grandes puissances qui décident de l’histoire mondiale ou bien est­-ce que ce sont les masses populaires qui la créent ?

Des divergences fondamentales existent sur ces problèmes entre la conception matérialiste et la conception idéaliste de l’histoire, et entre la ligne marxiste-léniniste et la ligne révisionniste.

Les masses populaires sont les maîtres de l’histoire

Le matérialisme historique estime que les masses sont les maîtres de l’histoire. « Le peuple, le peuple seul, est le forte motrice, le créateur de l’histoire universelle. »

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Le cours de l’histoire mondiale est déterminé par les luttes révolutionnaires du peuple ; et c’est aux peuples de tous les pays du monde de décider en commun du destin de l’humanité. « Ne jamais prétendre à l’hégémonie », cet enseignement du président Mao qui fait le bilan de l’expérience historique de la Chine et du monde saisit les caractéristiques de la lutte de classe actuelle sur le plan international.

Il reflète la tendance générale du développement de l’histoire et traduit à fond le principe fondamental du marxisme-­léninisme selon lequel les masses sont les créateurs de l’histoire. Le prolétariat est la classe la plus prestigieuse de l’histoire de l’humanité.

Pour remplir la tâche historique qui lui incombe, celle d’éliminer toute exploitation et toute oppression, et de réaliser le communisme à travers le monde, le prolétariat ne peut compter que sur la justesse de sa ligne politique, sur l’unité et la lutte du prolétariat et des peuples et nations opprimés. La nature de classe du prolétariat fait qu’il ne recherche jamais l’hégémonie et qu’en même temps il s’oppose résolument à tout pays qui recherche l’hégémonie.

Notre pays est un Etat socialiste de dictature du prolétariat et également un pays en voie de développement. Comme l’a dit le président Mao, « nous sommes tous du tiers monde, des pays en voie de développement. »

Suivant l’enseignement du président Mao de « ne jamais prétendre à l’hégémonie », nous nous sommes toujours tenus aux côtés des pays petits et moyens, qui constituent la majorité, et nous avons placé nos espoirs sur les peuples.

Nous avons toujours soutenu que tous les pays, grands ou petits, doivent se traiter sur un pied d’égalité. Les affaires internationales doivent être réglées par tous les pays, par voie de consultation, et non pas par les superpuissances seules.

Nous nous opposons fermement à ce que les supergrands, partant d’une position de force, dictent la loi aux peuples des autres pays.

Nous sommes fermement contre la politique du plus fort et l’hégémonisme qui veulent que les grands pays malmènent les petits, que les puissants maltraitent les faibles et que les riches oppriment les pauvres.

Les hégémonistes sont voués à la défaite

Se conduire en despote est dans la nature de toutes les classes exploiteuses ; c’est un trait caractéristique du colonialisme, ancien et nouveau. Lénine a indiqué : « …l’hégémonie mondiale est le contenu de la politique impérialiste… » (Une caricature du marxisme et à propos de l’« économie impérialiste »)

Dans l’histoire moderne, les dictateurs de certains pays capitalistes ont été des hégémonistes.

Ils ont opiniâtrement tenu tête à la marche de l’histoire. Allant à l’encontre de la volonté des peuples du monde, ils cherchaient à faire tourner à rebours la roue de l’histoire. Mais il n’a pas fallu longtemps pour que l’hégémonie recherchée par ces prétendus « géants » soit balayée par le torrent impétueux de la révolution du peuple. L’histoire en est le meilleur témoin.

En ce moment où les social-­impérialistes révisionnistes soviétiques se conduisent partout en despotes, il pourrait nous être utile de jeter un coup d’œil rétrospectif pour voir comment les hégémonistes qui tentaient d’arrêter le courant de l’histoire ont fini par connaître le déclin ou la ruine totale.

Lorsque le système féodal était en rapide désagrégation dans une Europe occidentale où le capitalisme se développait rapidement, la tempête de la révolution bourgeoise dans le monde, révolution visant a abolir le système féodal et à établir le système capitaliste, balaya l’Europe et l’Amérique. L’hégémonie espagnole, avec l’acharnement dans la brutalité propre à tout empire féodal colonialiste, chercha à maintenir sa domination féodale ; elle réprima la révolution bourgeoise en Hollande, la première du genre en Europe.

En Amérique, elle pratiqua la politique du plus barbare génocide racial et du pillage le plus primitif ; elle s’adonna à la traite des esclaves et à l’esclavagisme, de sorte que l’économie des colonies resta stagnante pendant une longue période. Partout où régnait son hégémonie, l’empire espagnol enraya gravement la transition sociale du féodalisme au capitalisme. Cependant, l’histoire n’a pas fait machine arrière, contrairement aux désirs des hégémonistes.

L’Espagne qui, pendant à peine un siècle, avait dicté sa loi, devint une coquille vide sous les coups violents du peuple révolutionnaire néerlandais.

L’empire colonial espagnol finit par s’écrouler comme un château de cartes dans les flammes du mouvement de libération nationale, qui a déferlé sur ses colonies latino-américaines, et de la révolution populaire à l’intérieur du pays.

La Grande-Bretagne était un pays colonialiste typique. A l’aide de ses capitaux et de sa puissance, elle déclencha une série de guerres d’agression pour s’emparer de colonies au-­delà des mers.

Vers la fin du XIXe siècle, elle avait conquis des colonies d’une superficie 100 fois plus étendue que celle de son propre territoire ; elle se posait en « reine des mers. »

Elle pilla et assujettit les roupies de nombreux pays ; elle réprima les mouvements de libération nationale dans ses colonies et s’opposa aux luttes révolutionnaires des peuples des autres pays.

Elle clama à cor et à cri qu’elle voulait étrangler dans son berceau la Russie soviétique qui venait de naître. Mais qu’est-ce qui lui est arrivé ?

La tempête révolutionnaire des peuples et nations opprimés contre le colonialisme et l’impérialisme faisant rage sur le globe entier, l’empire britannique, pareil à un édifice décrépit, s’écroula.

De même que les autres régions de l’Europe, la Grande­ Bretagne fait maintenant partie de la deuxième zone intermédiaire, objet de la dispute des superpuissances.

Les États-Unis sont devenus le suzerain du monde capitaliste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ayant comme atout leur puissance militaire et économique, ils ont pratiqué le néo-colonialisme.

Ils se sont ingérés dans les affaires intérieures des autres pays ; ils ont violé leur souveraineté et pille leurs ressources naturelles.

Partout, ils ont soutenu les forces réactionnaires et réprimé le mouvement révolutionnaire du peuples. Mais la roue de l’histoire continue de rouler.

Les luttes des peuples et nations opprimés à travers le monde se développent vigoureusement, et des pays, groupes par groupes, ont acquis leur indépendance après avoir mené toutes sortes de luttes.

L’impérialisme américain a commencé à tomber du faîte de sa puissance à la suite de la défaite qu’il a subie dans sa guerre d’agression contre la Corée.

Le même triste sort qu’il a eu dans une guerre similaire au Vietnam a précipité son déclin. Maintenant, il se trouve dans une situation de plus en plus difficile tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.

Rejeter un coup d’œil sur ces faits historiques qui nous sont familiers nous permet de mieux comprendre qu’au cours d’un grand processus où le nouveau système social remplace l’ancien, l’hégémonisme de grande puissance a toujours joué un rôle réactionnaire en s’opposant à la révolution et en entravant le courant de l’histoire.

Au lieu de faire progresser l’histoire, comme l’ont affirmé les révisionnistes soviétiques, il a fait obstacle au progrès de l’histoire. Néanmoins, la loi régissant l’évolution de l’histoire est irréversible.

L’hégémonie mondiale des grandes puissances ne peut ni détourner l’histoire de son cours ni décider du destin de l’histoire humaine. Au contraire, ce sont l’histoire et le peuple qui détermineront son sort.

La dialectique de l’évolution de l’histoire

Qui tente de dominer le monde ne connaîtra pas une bonne fin. Comment comprendre ce fait historique ?

Marx avait indiqué : « Le peuple qui subjugue un autre peuple se forge ses propres chaînes. » (Note confidentielle) Par là, il a énoncé de façon pénétrante la loi objective de la ruine inévitable de l’hégémonisme.

Se livrer sans cesse à l’agression et à l’expansion pour s’acheminer vers leur propre ruine, telle est la logique des hégémonistes. Afin d’intensifier l’asservissement et l’oppression des peuples de ses colonies, un empire colonial ne manque pas d’établir son hégémonie qui doit être toujours plus renforcée.

Pour la conserver, il faut retendre. A cette fin, il accroîtra sans cesse ses armements, renforcera son appareil militaire et bureaucratique, et même déclenchera des guerres d’agression. Le fardeau deviendra si lourd qu’il n’en pourra plus ; ce qui entraînera de graves crises politiques et économiques qui l’useront et l’affaibliront.

Par ailleurs, ceux qui prétendent à l’hégémonie se trouveront inévitablement face à des concurrents qui la leur disputeront. Ces contradictions entre eux sont insurmontables. Cependant, la résistance des peuples asservis est un facteur décisif dans l’évolution de la logique des hégémonistes. En établissant son hégémonie, l’empire colonial crée toujours son opposé, engendre une force capable de la combattre et de l’ensevelir.

Engels disait : « Aucun de ceux qui asservissent une nation ne peut échapper au châtiment. » Victimes de l’agression et de l’asservissement de l’empire colonial, les colonies sont autant de cordes passées au cou des pays suzerains.

Plus ils étendent le champ de leur agression et de leur asservissement, plus nombreux sont les garrots passés autour de leur gorge, plus frénétique est leur hégémonisme, plus sévère est le châtiment qu’ils recevront.

L’hégémonie de l’empire colonial pousse les peuples des divers pays, y compris le peuple de son propre pays, à se soulever dans la lutte contre lui.

Et les peuples des divers pays se renforcent graduellement dans cette lutte où ils opposent la violence révolutionnaire à la violence contre-­révolutionnaire.

« Dans des conditions déterminées, chacun des deux aspects opposés d’une contradiction se transforme immanquablement en son contraire par suite de la lutte entre eux. »

La lutte entre, d’une part, l’empire colonial qui se livre à l’agression et pratique l’hégémonisme et, d’autre part, les nations et peuples opprimés qui s’opposent à son agression et à son hégémonie, conduit nécessairement les deux aspects opposés à se transformer en leurs contraires.

De petite et faible, la force révolutionnaire du peuple devient grande et puissante, et va de l’échec à la victoire ; tandis que l’hégémonie colonialiste, de puissante devient faible ; dégringolant de sa position de maître absolu, elle décline de jour en jour et va finalement vers son contraire.

L’hégémonie de l’empire colonial s’est établie sur la base de l’asservissement des peuples des colonies ; elle s’effondre nécessairement avec leur éveil et leur libération.

Telle est la dialectique du développement de l’histoire. Néanmoins, en raison de leur nature réactionnaire, les hégémonistes sont incapables de comprendre cette logique de l’histoire. Immanquablement, ils marchent sur les traces de leurs prédécesseurs, et s’acheminent les uns après les autres vers leur ruine totale.

Le social-­impérialisme soviétique assiégé par les difficultés

Les sociaux­-impérialistes soviétiques héritent des hégémonistes de l’histoire.

Sous la belle apparence du « socialisme » et de l’« internationalisme », ils se conduisent en impérialistes. Prenant la relève des anciens tsars, ils nourrissent des ambitions plus dévorantes que ceux-ci : rivalisant avec l’impérialisme américain, ils cherchent à asseoir l’hégémonie mondiale du social-­impérialisme.

Tout en faisant du tapage autour de la « paix » de la « sécurité » et du « désarmement », ils intensifient en fait la course aux armements et les préparatifs de guerre, et pratiquent une politique d’agression et de guerre.

En brandissant le drapeau de l’« internationalisme » et en préconisant l’« intérêt de la communauté socialiste », ils font en réalité de leurs alliés des colonies et des pays dépendants. En déclarant « soutenir le mouvement de libération nationale », ils s’appliquent en fait à pratiquer une politique néo-­colonialiste dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, et cherchent à les contrôler sur les plans politique, économique et militaire.

En prétendant « soutenir la révolution populaire des divers pays », ils jouent en fait une double tactique contre-révolutionnaire, s’associent à toutes les forces les plus réactionnaires du monde et trahissent la cause révolutionnaire des peuples.

Mais les peuples du monde entier savent confronter leurs actes avec leurs déclarations. Les agressions et les complots qu’ils ont fomentés ont été partout dénoncés, et leur pouvoir de tromper les gens s’affaiblit de plus en plus.

En se livrant à l’expansion et à l’agression et en assujettissant les autres pays et peuples, le révisionnisme soviétique se place dans une position fondamentalement antagonique avec les peuples du monde entier, y compris le peuple soviétique. Ses agissements aident à dessiller les yeux à toujours davantage de pays et de peuples.

Sous les coups assénés par les peuples révolutionnaires, le social-impérialisme soviétique, acculé dans une situation embarrassante tant à l’intérieur qu’à l’étranger, vit des jours toujours plus difficiles.

Une logique absurde de grande puissance

Pour s’assurer l’hégémonie mondiale, le social-­impérialisme soviétique a inventé toute une série d’inepties hégémoniques. Il s’efforce de répandre le bruit que l’Union soviétique et les Etats-­Unis sont les « pays qui possèdent le plus grand potentiel militaire et économique dans le monde moderne », et qu’ils « décident du destin de l’humanité. »

Tout ceux qui ont quelques connaissances de l’histoire moderne voient bien que ces arguments n’ont rien de neuf, qu’ils sont tout a fait les mêmes que les théories impérialistes fabriquées au service de l’agression.

A leur époque, les colonialistes britanniques avaient déclaré l’empire britannique la force déterminante dans le monde. De leur côté, les impérialistes américains ont prétendu que les États-Unis devaient « diriger le monde. »

De toute évidence, la théorie du révisionnisme soviétique selon laquelle l’hégémonie de grande puissance doit fixer le sort du monde n’est rien d’autre qu’une théorie impérialiste estampillée « socialisme. » C’est une pure et simple logique de gangsters, néo-colonialiste et fasciste.

Elle représente de façon concentrée les intérêts de la bourgeoisie monopoliste bureaucratique de l’Union soviétique, traduit les aspirations de la bourgeoisie soviétique des villes et des campagnes au développement du capitalisme, et reflète la volonté de l’impérialisme international et des réactionnaires de tous les pays de s’opposer au communisme, aux peuples et à la révolution.

La clique renégate révisionniste soviétique parle de l’hégémonie mondiale, travaille à l’hégémonie mondiale et rêve de l’hégémonie mondiale.

Mais rongée par une mauvaise conscience, elle répugne tout particulièrement à entendre les autres dénoncer la nature impérialiste de son hégémonie.

Si quelqu’un dit qu’il existe dans le monde des « grands pays » et des « petits pays », des « pays riches » et des « pays pauvres », elle monte sur ses ergots, estimant que l’on « met sur le même plan l’Union soviétique, un pays socialiste, et les puissances capitalistes du monde » et que l’on nourrit donc « une intention inavouable ».

Messieurs les révisionnistes soviétiques !

Vous êtes une superpuissance, et vous prétendez à l’hégémonie mondiale, ce n’est pas là une accusation portée à la légère ; vos propres paroles et vos propres actes hégémoniques montrent que vous l’êtes.

Si vous niez prétendre à cette hégémonie, pourquoi avez-­vous envahi la Tchécoslovaquie, pourquoi avez-vous déployé d’importantes forces militaires à la frontière chinoise, et fait stationner des troupes en République populaire de Mongolie, pourquoi vous êtes-­vous immiscés dans les affaires intérieures de l’Egypte et pourquoi avez-vous démembré le Pakistan…? Qu’est-ce que c’est sinon du pur hégémonisme ?

Qu’est-ce que c’est sinon des agissements impérialistes à cent pour cent ? Personne ne saurait camoufler ces faits.

En dénonçant votre hégémonisme, les peuples révolutionnaires du monde ne font que vous arracher le masque et révéler la réalité historique, afin de renforcer leur vigilance face à vos agressions et à votre contrôle. C’est ce que vous appelez « une intention inavouable. »

Le courant de l’histoire est irrésistible

L’apparition du social-impérialisme soviétique n’est qu’un intermède dans l’acheminement de l’impérialisme vers sa destruction. C’est la manifestation d’un dernier assaut des forces contre-révolutionnaires du monde.

Mais il est absolument incapable d’endiguer le courant de l’histoire, ou de sauver le système capitaliste de sa ruine inévitable.

Une fois enneigé dans la voie battue par l’impérialisme, le révisionnisme soviétique ne peut qu’obéir aux lois de l’impérialisme, à la logique historique de l’hégémonisme. Il se transformera finalement en son contraire.

« Aujourd’hui, dans le monde, la tendance principale, c’est la révolution. » Les grands bouleversements caractérisent l’excellente situation mondiale.

Combattre la politique du plus fort et l’hégémonisme des superpuissances est l’exigence commune des peuples. Tous les pays et peuples, victimes de l’agression, de la subversion, du contrôle, de l’intervention et des vexations des superpuissances, se forment en un large front uni. Voilà aujourd’hui une manifestation vivante de cette vérité : ce sont les peuples du monde qui créent l’histoire et décident du destin historique de l’humanité.

C’est aussi une importante caractéristique de l’excellente situation actuelle. Comme l’a dit le président Mao lors de son entrevue avec le vice-­président d’Egypte Hussein El-Chafei, « les peuples de nos deux pays, les autres peuples du tiers monde et du monde tout envier sont toujours pour l’unité. »

La grande union des peuples du monde est en train d’engendrer une force irrésistible ; tout hégémonisme sera balayé par la tempête de la révolution des peuples du monde entier.


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