Question : Cet entretien sera une nouvelle expérience pour tous ; notre but est d’apporter des réponses aux questions que nous posons ainsi que beaucoup d’autres personnes.

Les points principaux : le développement politique pendant et après la grève des prisonniers et surtout les démarches vers le front européen.

Commençons directement et d’une manière concrète : les attaques contre Audran et Zimmerman où apparaissent les idées développées dans votre déclaration commune avec AD – pouvez-vous reparler brièvement de la détermination ?

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Réponse : Pour AD et pour nous-mêmes, il s’agissait de s’attaquer au moteur du projet impérialiste d’Europe par ces actions, c’est-à-dire l’axe Paris-Bonn. L’essentiel à ce sujet figure dans le texte commun des déclarations.

Les actions sont des pierres à bâtir du déploiement de la stratégie révolutionnaire ouest-européenne ; c’est actuellement notre objectif d’élaborer le fond politique et militaire du front ouest-européen, pour l’unité stratégique des révolutionnaires d’Europe de l’ouest Dans le texte commun nous avons développé les déterminations fondamentales : faire avancer ce processus, transposer les déterminations dans l’action de la faon visée et organiser ; et c’est précisément ce que nous avons commencé avec Audran et Zimmerman. Voilà donc notre orientation pour l’avenir, après la première rupture que nous venons de marquer.

Question : Quelles sont les fonctions de Audran et Zimmerman car on en parle peu dans les déclarations ?

Réponse : Ils occupent tous les deux un emploi important au sein de la formation militaire-économique de l’Europe de l’ouest ; Audran comme chef de service des affaires internationales auprès du ministère de la défense et Zimmerman comme président de l’organisation fédérale de l’industrie aérospatiale et de l’équipement (SOLI).

Le SOLI est l’organisation politique du complexe militaire-industriel en RFA.

Toutes les firmes d’armement en sont membres (ainsi par exemple, parmi les plus importantes : MBB, Krauss-Mattei, Dornier, MTU… également des trusts d’électronique comme Siemens, AEG, Philips, et des trusts d’acier et de la chimie). L’association est financée par les grandes banques allemandes et par l’Alliance.

Le SOLI collabore directement avec l’OTAN par le biais du ’groupe industriel des conseillers’, NIAG. et du groupe des industries d’armement européennes’, EDIG, qui tain partie de l’IEPG (groupe programme indépendant européen).

Les chefs des plus importants trusts d’armement des Etats-Unis, du Canada et de l’Europe de l’ouest participent directement à la planification des militaires.

Ils jumèlent pratiquement les plans des stratèges militaires à ceux du capital multinational, déterminent des projets pour la recherche et le développement des systèmes nouveaux d’armement conventionnels, électroniques et atomiques, et discutent la transposition industrielle.

En RFA même, le SOLI collabore avec les ministères de la défense, de la recherche et de l’économie, auprès desquels ils présentent leurs revendications financières, et avec l’office de la technique de l’armement et d’approvisionnement (BWB) de la Bundeswehr.

Zimmerman siégeait aussi au sein du groupe de travail économique d’armement, où se rencontrent régulièrement les chefs des trusts allemands et les représentants du ministère de la défense, ainsi que des généraux de la Bundeswehr. Parallèlement, il était le vice-président de AECMA (association européenne des industries aérospatiale et d’aviation) à laquelle les trusts d’armement coopèrent. Zimmerman était du type d’entrepreneur qui pense et agit transatlantiquement. « Die Welt » écrit à ce propos le 2/21 le chef du MTU est réputé adhérent convaincu d’une coopération franco-allemande et européenne encore plus étroite dans le domaine de l’aérospatial..

Le jour de l’attaque contre Zimmerman, un interview était publié dans le magazine « air et cosmos » à Paris, dans lequel le manager de pointe parle d’une obligation de coopération européenne pour la technique et la technologie.

« Le Figaro », le 6/2 : l’axe Paris-Bonn, pivot d’une Europe occidentale forte, base sur la défense stratégique et l’accroissement renforcé des industries d’armement (…). Zimmermann était l’interlocuteur privilégié des ministères de la défense et de la coopération militaire franco-allemande, y compris dans les technologies correspondantes.

Question : interlocuteur privilégié, il l’était surtout de par le fait de ses fonctions au sein du SOLI et parce qu’il siégeait ainsi dans beaucoup d’organisations européennes importantes. C’est ainsi qu’on n’a pu obtenir que très peu d’informations par les médias. Une partie de l’intoxication après l’action consistait à le présenter comme un « simple manager d’armement » comme il en existe des milliers, simplement pour présenter l’action comme « une solution de fortune non prédéterminée ». Pouvez-vous repréciser ce qu’est le SOLI, IEPG etc ?

Réponse : Nous avons ici des citations d’un « mémorandum sur l’avenir de l’astronautique en RFA », publié par le SOLI en 1984. Les revendications du capital y sont exactement formulées, comme elles sont soutenues alors par Kohl et Mitterrand.

Le SOLI dit clairement, qu’il s’agit maintenant pour les européens d’achever le rattachement technique et technologique aux Etats-Unis, et c’est surtout possible dans le domaine aérospatial.

En ce domaine il revendique une « politique européenne de sécurité », la coopération accrue avec la France, et à partir de là avec d’autres pays européens, et il revendique du gouvernement fédéral des accroissements significatifs du budget.

Et puis, qu’ils veulent le rôle de domination ensemble avec les Etats-Unis, mais qu’en même temps la coopération européenne est la condition pour l’avantage technologique sur le marché mondial.

Et encore deux phrases d’eux : « La coopération allemande … devrait être accrue pour achever à côté de la coopération transatlantique un engrenage plus tort à l’intérieur de l’Europe », et en outre une telle coopération pousse l’intégration politique.

Nous ne dénombrons pas tous les projets des satellites, hélicoptères etc., chacun le sait bien, les journaux en sont pleins. Comme pour la France.

Audran était celui, au ministère de la défense, qui tenait toutes les ficelles pour la coopération et l’exportation de l’armement, c’était Zimmerman pour la RFA, qui a eu la même fonction comme représentant du MIK (complexe militaire industriel). La coopération de l’armement est un rail sur lequel le projet européen est poussé.

Encore quelque chose sur l’IEPG : En général sa fonction est l’intégration ouest-européenne de l’armement avec le but de l’intégration militaire et la coordination politico-militaire.

Sa signification extraordinaire vient du fait, que la France y participe dés le début bien qu’elle ne soit pas officiellement intégrée dans la structure militaire de l’OTAN.

Depuis sa fondation en 1975, l’IEPG travaille pour standardiser les systèmes d’armement des états de l’OTAN, ce qui est la condition pour d’autres projets communs d’armement et une intégration politico-militaire plus étroite.

C’est là où les projets pour la coopération européenne de l’armement sont déterminés.
Alors encore une fois : Audran et Zimmerman représentent le processus de la concentration du commando capitaliste dans sa fin stratégique et militaire et en même temps économique.

Comme nous avons dit dans la déclaration : ils doivent se concentrer dans une poussée vers une stratégie commune pour la solution de la crise économique et la sauvegarde leur domination militaire, c’est-à-dire axer toute leur planification sur la guerre.

Question : Comment étaient en effet les réactions des médias françaises aux actions d’AD et vous ?

Réponse : Bon, les journaux et les nouvelles en étaient pleins. Ce qu’ils y ont dit d’une façon totalement grossière était toute cette merde, que nous dirigeons AD, qu’il n’y a tout simplement pas une politique révolutionnaire authentique en France, mais que tout est dirigé « de l’extérieur »…

Comme les CCC en Belgique. C’était la ligne dès le début « Libération » surtout. Ils ont dit que jadis AD était un groupe militant antifasciste, c’était encore bien en ordre, mais maintenant ils sont comme nous, ils parlent comme nous, sont dévorés. Alors : ça suffit.

C’est clair pourquoi ils font comme ça : ils veulent l’éloigner de l’échelle d’une discussion politique. Et là ils n’ont plus rien, pas d’argument, seulement cette maigre propagande.

Une autre chose encore qu’ils ont dit : tous tes groupes armés sont tellement battus et faibles, qu’ils doivent réunir leur logistique et leurs commandos. Mais en tout cas, ça personne ne les croit Ils étaient soufflés partout, quand le texte commun était publié.

En France, ils ont – au commencement encore sans commentaire – cité beaucoup du texte. Dés mi-janvier, il y avait aussi quotidiennement des reportages sur la grève de la faim et les actions en RFA et d’autres pays européens- et, comme nous avons entendu parler -chaque soir les nouvelles affiches du BKA à la TV.

Après l’action contre Audran ils ont publié des choses énormes : nous aurions fait ça et AD aurait seulement tiré, a peu près comme ça Ils l’ont justifié par le fait, que le commando était appelé Elisabeth Von Dyck et que la déclaration était envoyée à DPA en deux langues. Après tout.

Question : Vous avez dit au commencement, que l’axe Paris-Bonn est le moteur du projet impérialiste d’Europe. Qu’est-ce que vous voulez dire concrètement avec ça ?

Réponse : Quand nous disons : projet européen et son noyau militaire -ça veut dire : créer le projet Europe de l’ouest comme centre stratégique de la reconstruction impérialiste- deux points y sont importants. II y a la tentative de réunir l’Europe comme union économico-politique depuis 30 ans.

Aujourd’hui c’est la situation où il s’agit pour eux essentiellement de deux points. L’un c’est la formation militaire vers l’extérieur, c’était les implantations des missiles à moyenne portée, ce sont tous les projets militaires, comme ils sont dénombrés dans le texte commun et les déclarations d’AD et de nous.

Pour tous ces projets c’est la coopération politico-militaire entre la RFA et la France par laquelle ça fonctionne.

L’autre c’est la conduite unifiée de la guerre contre la lutte révolutionnaire en europe de l’ouest sous la régie des USA, comme ça c’est passé visiblement sur un nouvel échelon. Par rapport à ça, nous voulons encore dire quelque chose plus tard. Politique militaire comme locomotive pour l’économie et la politique pour l’intégration européenne.

On peut le voir aussi autrement.

Tous leurs efforts d’arriver à une solution pour la crise économique -chômage etc- au sein de la communauté européenne et de formuler « une politique européenne autonome » ont fait naufrage. Et aussi leurs tentatives de mobiliser les gens ici pour leur projet européen.

Ce qui reste et où ça marche, c’est la coopération militaire dans l’OTAN, la concentration du capital sur la production d’armement et des technologies nouvelles.

Et l’accroissement de l’efficacité de leurs appareils de police et des services secrets, leur coordination de la guerre contre la lutte révolutionnaire pour ainsi dire la « ligne interne de défense ».

Ils sont à un point décisif maintenant, et cela rend fortement possible la lutte anti-impérialiste, et c’est exactement l’expérience de laquelle nous pouvons partir après les derniers mois- la question, s’ils peuvent faire passer leur projet militaire ici, s’ils ont la force politique et la base matérielle pour soutenir la stratégie militaire impérialiste. Ils savent bien, qu’ils ont perdu le consensus pour leur politique agressive, et que leur couverture ténue disparaît de plus en plus avec chaque action révolutionnaire.

De plus, ils craignent de ne pas obtenir la haute main sur la crise croissante aux métropoles elles-mêmes.

Aujourd’hui déjà 20 millions de chômeurs, et en janvier, deux semaines, plus de 200 hommes sont morts de froid en Europe de l’ouest Ils détruisent maintenant leur « Net social » avec lequel ils ont pu attraper jusqu’ici la tendance vers la pauvreté de plus en plus surtout ici en RFA, ils le détruisent pour leur projet militaire, parce qu’ils ne peuvent plus se financer autrement.

En outre, la militarisation des sociétés, contrôle et manipulation à l’échelle européenne. Structuration de la publicité par exemple pour les nouveaux médias, qui doivent transporter l’idéologie dominante jusqu’au plus petit village grec, où les hommes n’ont pas de travail, peu à manger, mais la TV avec 12 programmes.

Autrement dit : l’imagination idéale de la bourgeoisie c’est le chômeur, le « retiré », qui est attaché à la TV distribution et écluse de la bière. Cela exprime simplement tout le mépris de cette classe. Ce ne sont que quelques extraits des divers centres, où les contradictions vont s’aggraver. Notre rupture venait maintenant juste à temps.

Question : Voulez-vous dire ça aussi par rapport à la greve de la faim- pour beaucoup de gens, c’était comme ça : l’action-l’arrêt !?

Réponse : Non, zut Nous n’avons pas fait l’action pour « arrêter » la grève de la faim. II s’agissait de la démarche pratique pour le front ouest européen.

A cela nous avons travaillé et les actions, quand nous avons achevé tout En 81 nous avons dit : la guérilla, la lutte des prisonniers de la guérilla, la lutte des militants anti-impérialistes sont les lignes, qui forment -ou formeront- comme unité le front révolutionnaire en Europe de l’ouest.

Nous avons impliqué dans nos actions l’effet politique, la mobilisation qui était mise en marche avec la lutte des prisonniers, et avons développé toute cette dynamique dans la rupture de la guérilla ouest-européenne.

Mais cela n’a rien à faire avec la conduite de la guerre psychologique, qui a traversé toute la grève : direction de l’extérieur, et au contraire direction des actions au niveau des cellules.

A cela le BAW et le BKA ont toujours parlé « d’un papier stratégique », qu’ils ont trouvé dans l’appartement à Francfort De notre part, il n’y a pas de papier stratégique de 84. Ce qu’ils ont trouvé, c’est un papier de discussion des militants, dans lequel ils ont développé leur propre idée, comme leur pratique et la lutte des prisonniers peuvent agir ensemble.

L’intention de cette campagne de la guerre psychologique est claire : ils veulent pousser à bout la stratégie d’anéantissement contre les prisonniers maintenant, et fixer juridiquement la construction d’une « RAF entière ».

Comme instrument pour accomplir l’isolement des prisonniers, mais les prisonniers ont dit tout ça, nous ne le répétons pas maintenant.

Encore une fois en principe : chacun qui lutte dans le contexte du front anti-impérialiste ne peut le faire que par sa situation et sa détermination. Par cela vient la force. L’unité se forme dans l’attaque qui a le contenu politique identique et le but identique.

C’est-à-dire : ce sont des diverses parties d’un front Les prisonniers ont dit : la grève est menée pour l’unité du front anti-impérialiste. Les revendications des prisonniers sont l’expression de leur lutte authentique, et ça, c’est le point fort.

Question : Dans leur déclaration sur l’arrêt les prisonniers ont dit : « La rupture vers la dimension ouest-européenne de la pratique révolutionnaire provoque nécessairement une réaction unitaire, stratégique entre les états impérialistes de la chaine entière…

Réponse : Oui c’est important. Nous savons par des articles de journaux belges qu’au plus tard à la mi-janvier c’était la situation : la grève, l’échec de l’action à Oberammergau, les actions en Belgique.

La campagne militante ici pendant Noël/Nouvel an, le texte d’AD et nous. Le security committee de l’OTAN s’y est immiscé directement Ils collaborent avec les services secrets et les..spécialistes de l’anti-terrorisme » des états de l’OTAN, ils planifient et coordonnent les mesures contre la lutte révolutionnaire ici.

Dès ce moment ils ont siégé en permanence, et pour la première fois les services secrets français étaient officiellement impliqués parce que « l’augmentation des coups terroristes contre les institutions de la défense ouest-européenne et le texte commun des groupes terroristes AD et RAF leur cause de grands soucis- (Le Soir, Belgique).

Parallèlement à ça les dires du gouvernement US, du State department, qu’ils craignent d’autres coups et requièrent les états de l’ouest de se réunir dans la lutte contre le terrorisme international.

Pour cela il faut se rendre compte de ce qui se passe depuis à peu près un an à ce niveau. La direction .asti-terreur. de Reagan dans laquelle des coups préventifs et de revanche contre des guérillas dans le monde entier ont été élevés à la doctrine gouvernementale et pour la première fois la coordination du counter-insurgency a été subordonnée à un haut commandement militaire.

De plus la formation nouvelle des pelotons spéciaux, qui sont instruits et prêts à l’entrée en action sur tous les continents.

Le ministre des affaires étrangères US Schultz ne parte plus depuis un an que de l’Europe de l’ouest, Proche-Orient, Amérique latine, comme les trois fronts-centres de la lutte révolutionnaire – et maintenant dans la situation où la guerilla ouest européenne attaque.

La réaction des gouvernements ouest-européens rend maintenant clair que la ligne de la conduite de guerre unifiée correspond à la logique globale de la chaîne des états impérialistes.

A toutes les réunions internationales – ministres des affaires étrangères de l’OTAN, CEE, des réunions secrètes des états-majors militaires suprêmes de l’OTAN comme à Copenhague, jusqu’à la table ronde du management à Davos -partout on a discuté de la façon dont les gouvernements européens peuvent maintenant agir contre ce saut, ce qui veut dire d’abord déterminer la ligne politique commune.

Après l’action contre Audran, simultanée aux attaques du FP – 25 au Portugal, une réaction commune US – Europe devenait alors évidente, après une nouvelle intervention directe de Schultz auprès des gouvernements européens, parce que pour eux, c’était une guerre.

La confrontation était d’un coup sur une nouvelle échelle : guérilla ouest-européenne – logique impérialiste globale. Là il ne se posait plus pour eux la question de donner ou non satisfaction aux revendications des prisonniers.

Leur calcul était de repousser notre rupture par l’assassinat des prisonniers. Pour le gouvernement fédéral, la question n’était plus de s’accommoder du prix politique, ce qui est le cas quand ils égorgent les prisonniers mais la chaîne impérialiste et surtout les gouvernements ouest-européens se concentrent maintenant résolument contre leur guérilla.

Et là militairement – parce que politiquement ils ont déjà perdu contre la lutte armée – toutes leurs illusions sur la fin de la guérilla sont mortes. La bombe au grand magasin bourré de Dortmund est aussi à comprendre sous ce rapport.

Depuis que nous existons, et maintenant contre toute la résistance révolutionnaire, le service secret règle de telles actions, les utilise ou les fait lui-même. Aujourd’hui, ils sont moins sûrs que jamais qu’il n’y a pas de plus en plus de gens qui trouvent nos actions et celles des militants justes. Alors il ne leur reste plus qu’à enfoncer violemment leur guerre psychologique dans la tète des gens qui doivent avoir peur de nous avec en plus la prime d’un million par tète pour ceux qui collaborent avec les flics.

Si US-Schultz dit franchement « des hommes innocents peuvent aussi mourir dans la lutte contre le terrorisme » ça implique justement de telles contre-actions.

Dortmund était dirigé contre la mobilisation pendant la grève de la faim, contre l’évidence politique et la clarté des actions.

C’est bien sans équivoque tes flics eux-mêmes qui ont alors revendiqué au téléphone comme « action Christian Klar ».

De même la TAZ (Tageszeitung) a pris part au premier front.

Et encore une autre chose importante dans ce contexte : quand il y a eu l’enlèvement de l’avion à Téhéran en décembre, le gouvernement US a concentré sa marine de guerre et a mis en position le RDF.

Le gouvernement iranien était directement menacé d’intervention militaire s’il ne mettait pas fin à l’enlèvement Dans ce contexte le State department annonçait que les EU vont désormais exécuter des actions de revanche contre des bases terroristes au proche et au Moyen-Orient en cas d’actions contre eux en Europe de l’ouest Nous l’affirmons parce que ça fait comprendre l’acuité de la situation actuelle. Ils ont imposé actuellement une nouvelle échelle du commandement de la guerre et c’est une condition de laquelle nous devons tenir compte, ce qui veut dire l’anticiper dans la pratique.

La décision des prisonniers était juste, exacte.

Question : vous dites aussi que pour les états impérialistes, c’était une décision par rapport aux implantations ?

Réponse : C’est la phrase de la déclaration d’arrêt sur laquelle le mec de la TAZ s’est tellement échauffé parce qu’il veut tirer un profit politique de la lutte des prisonniers. Après tout ce que nous avons dit ça devrait être clair.

II existe pour les états impérialistes dans leur crise substantielle – du fait qu’ils n’ont plus qu’une stratégie et ne peuvent poursuivre qu’un objectif : arrêter le processus révolutionnaire mondial – des projets stratégiques militaires vers l’intérieur et vers l’extérieur qu’ils doivent faire passer également au prix de l’accroissement des contradictions entre état et société et d’une autre démarche dans le transformation de l’état fasciste.

Question : vous n’avez rien dit sur l’action de Oberammergau.

Réponse : pour nous c’est clair que t’axe d’attaque contre l’OTAN et la stratégie militaire U.S. va traverser tout notre processus révolutionnaire. Elle sera toujours un axe sur lequel la stratégie révolutionnaire se concentre. Les premières démarches vers l’unification de la lutte anti-impérialiste en Europe occidentale c’étaient les campagnes et les attaques contre la stratégie de guerre OTAN / US.

La notion de ce qu’est la politique OTAN est en fait passée dans la conscience de beaucoup de personnes. Nous voulions continuer sur cette ligne par l’action contre le SHAPE school, la mettre à nouveau niveau, comme nous l’affirmons, au niveau réel de la guerre.

Dans cette école directement subordonnée au quartier général à Bruxelles, sont entraînés, entre autre en conduite de la guerre électronique et nucléaire, les cadres du commandement intégré de l’OTAN. Ce sont des officiers supérieurs, la plupart américains, et des autres états de l’OTAN.

Les atteindre directement était le but de l’action.

Question : Pourquoi pensez-vous, l’action n’a pas bien réussi ?

Réponse : Nous avons planifié la chose ainsi : quelqu’un y va en voiture et gare juste à côté de l’école sur le parking. La SHAPE-school se trouve séparée d’autres bâtiments sur le terrain d’une école administrative de la Bundeswehr.

Nous l’évaluons ainsi, que les soldats de la Bundeswehr ne peuvent pas savoir quel soldat US en lait partie ou non et qu’il n’y a pas de problème à ressortir une fois dedans. La question était de passer la porte et pour cette raison aussi la couverture choisie : si quelque chose tournait mal, nous aurions pu protéger celui de nous qui conduit la voiture. Y aller en voiture, garer, retourner, tout ça n’était pas une difficulté.

Mais à ce moment, justement, quand celui de nous a passé la porte, arrivait un officier de la Bundeswehr, qui était le chef remplaçant de la SHAPE-school, comme on l’a su après. II connaît naturellement les soldats et il doit avoir remarqué tout de suite quelque chose.

Après cela ils ont eu une heure et demie, pour identifier la voiture et mettre la bombe hors d’état de nuire. Mais en tout cas nous n’avions pas en vue de dire beaucoup sur l’action, parce que brièvement après le texte d’AD et de nous est apparu et l’action aurait été comprise sans équivoque, après Haig, Ramstein, Kroesen et toute la mobilisation contre l’OTAN en Europe de l’ouest.

Question : II y avait une mobilisation forte nationale et internationale à la grève de la faim.

Que pensez-vous de cela ?

Réponse : Nous n’avons pas encore un aperçu exact de tout ce qui s’est passé. Mets sûrement on peut dire qu’il y a maintenant une base stable, de laquelle nous pouvons dégager.

Ce qui était fort, c’était que beaucoup de groupes et d’individus des mouvements de résistance différents – aussi en d’autres pays européens ont lutté ensemble avec les prisonniers.

Et : c’était la première offensive des prisonniers, de la résistance et de la guerilla ouest européenne.

Ces expériences doivent maintenant être révolues, comme marche consciente vers te front ouest-européen.

Question : Et qu’est-ce que ça veut dire concrètement, comment cela va-t-il continuer ?

Réponse : Aux réflexions partout « comment ça continuel, et surtout pratiques, auxquelles nous ne pouvons répondre et lés résoudre que concrètement Mais ce n’est pas une discussion pour le journal.

Donc sous les yeux des flics. Là on peut acquérir les bases politiques, mais les plus importantes, donc les questions pratiques, non !

Que cela évolua à partir de ce qu’est maintenant ta base nouvelle – comme les prisonniers ont affirmé : développer l’unité de la résistance comme expérience pratique et politique, que nous avons conquise ensemble, et le saut qualitatif des luttes révolutionnaires dans les états de l’OTAN vers la dimension ouest-européenne – les liaisons et les structures dont chacun en particulier et toute la résistance a besoin : des structures qui mettent en liberté la subjectivité ; dans lesquelles les démarches pratiques d’une base réelle vont être ensemble par ceux qui maintenant ont l’idée commune, ou la veulent – orientés à t’attaque où les services secrets n’ont pas un pied dedans et n’ont aucune chance.

Nous entendons du côté intérieur de la résistance : autonomement : l’organisation illégale du front.

Question : Ça veut dire alors que c’est une possibilité pour des gens de s’organiser de manière autonome illégalement pour lutter avec vous dans le front, comme on peut te retirer de la déclaration des camarades qui ont fait l’action à Bonn contre la « mission technique, ils s’indiquent là comme des « militants illégaux » ?

Réponse : non, ça veut dire plus. Ce que vous dites, c’est seulement une partie. Toute l’idée du front de l’autodétermination, de la force de l’organisation indépendante politique et pratique de l’attaque pour les propres buts.

Nous disons : l’espace de l’action et de l’évolution du front est illégale. II n’y a pas un schéma ou le « grand plan », parce que le front est seulement possible comme processus ouvert pratique.

Ceux qui luttent dans le contexte du front, ou le veulent, s’organisent leurs besoins : orientés à la pratique fonctionnelle qu’ils veulent et A rien d’autre ; et ça contient tous les niveaux. II s’agit de la décision de chacun en particulier.

Pour ces camarades qui ont fait l’action à Bonn, c’était la démarche juste de leur processus subjectif et de leur idée pratique.

Nous ne pouvons pas en parler généralement – des débats abstraits sur « l’illégalité n’ont aucun sens. Si c’est une possibilité pour quelques-uns : « des militants illégaux », cela va se clarifier dans les discussions concrètes, avec ceux, qui le veulent pour eux-mêmes, dans leur pratique.


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