Hier,  dimanche, le parc du Cinquantenaire — un espace public, populaire, bruxellois — a été fermé, filtré, privatisé, pour accueillir une fête américaine vendue comme « extraordinaire, phénoménale » par Bill White, l’ambassadeur trumpiste en croisade dans notre pays.

Le parc du Cinquantenaire est créé à l’initiative du roi Léopold II pour célébrer les 50 ans de l’indépendance belge (1830–1880).

Il s’agit d’un projet grandiose, pensé comme une vitrine de la modernité bourgeoise. Il est constitué d’un arc monumental, de pavillons d’exposition, d’un parc géométrique inspiré des jardins impériaux. Il s’agit là une mise en scène de la puissance industrielle et coloniale de la Belgique.

Le Cinquantenaire est donc, dès l’origine, un espace de propagande étatique, un décor destiné à montrer la réussite du jeune État bourgeois belge.

Mais – et c’est crucial – il est aussi conçu comme un espace public, un lieu où les masses peuvent circuler, se promener, se rassembler. C’est cette tension originelle qui rend sa privatisation aujourd’hui si symbolique, car cette fête privée était organisée dans le cadre des 250 ans de l’Indépendance des Etats-Unis.

L’accès en a ainsi été réservé à des invités triés sur le volet, QR code à l’appui, tandis que les habitants du quartier étaient priés de faire un détour pour entrer chez eux, alors qu’en cette période de canicule, la fermeture du parc du Cinquantenaire est prévue pour une dizaine de jours…

Les riverains dénoncent un « traitement de faveur exceptionnel » et le fait de ne plus pouvoir circuler librement dans leur propre quartier. Mais les autorités belges s’en moquent. Le bourgmestre d’Etterbeek (commune au sein de laquelle se trouve le parc), Vincent De Wolf (MR), parle d’une « tempête dans un verre d’eau », alors que les habitants sont exclus, méprisés, relégués.

Pendant ce temps, plusieurs milliers de personnes, majoritairement des militaires américains basés en Belgique ont été invités à participer à cet happening réactionnaire, pour faire nombre.

C’est un geste de domination pure d’un État étranger imposant son ordre sur un espace public bruxellois. Et que l’on ne vienne pas nous parler de « fête », alors qu’il n’y a là qu’une démonstration de force.

Une brochette de notables en quête d’approbation impériale était, comme de bien entendu, également de la partie afin d’apporter leur contribution à la légitimisations de l’événement : Maxime Prévot, Roberta Metsola, Mark Rutte, et même le Premier ministre belge, Bart De Wever, qui monta sur scène aux côtés des trois ambassadeurs américains : à la Belgique, à l’Otan et à l’Europe.

Le tableau est pathétique, avec des élites belges et européennes se comportant comme des figurants dans le spectacle impérial, alors qu’elles ne peuvent ignorer que l’événement est une opération de propagande trumpiste. Elles savent que Bill White est un boutefeu qui a déjà provoqué des tensions diplomatiques.

Elles savent que les riverains protestent, mais elles viennent quand même, parce que la bourgeoisie belge ne sait pas dire non à Washington, elle qui est totalement dans l’orbite de la superpuissance américaine – jusqu’à être totalement vassalisée par cette dernière.

Au plan culturel, les artistes invités sont des seconds couteaux du mouvement MAGA, dont Alexis Wilkins chantant l’hymne américain et le Zac Brown Band, groupe de country très à droite, en tête d’affiche de secours. De secours, parce que de nombreux artistes pressentis avaient pour leur part décliné la sulfureuse invitation, sachant que Trump utilise les « 250 ans » comme prétexte pour imprimer sa vision réactionnaire en Europe.

Ainsi, les organisations America250 et Freedom250 — dont la seconde est explicitement trumpiste — sont ainsi omniprésentes. Relevons que Freedom250 organise des événements « MAGA‑compatibles » comme un tournoi de MMA dans le jardin de la Maison-Blanche pour les 80 ans de Trump.

Pour ceux qui auraient la chance de ne pas connaitre le MMA, il s’agit d’un combat sanglant dans une cage où à peu près tous les coups sont permis, s’arrêtant à peu près avant la mise à mort.

Hier, Bruxelles était devenue un décor pour la propagande trumpiste, avec l’approbation des autorités belges qui appelaient ce barnum « diplomatie », le tout afin que le monde continue d’être l’horreur qu’il est aujourd’hui. Ce que nous, naturellement, nous ne voulons pas !

Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste de Belgique
29 juin 2026


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