Qu’est-ce que la folie ? C’est un dérangement, un dérèglement des raisonnements et des comportements. Une personne folle agit et pense en décalage plus ou moins complet avec la réalité.

Cela l’amène à s’égarer, à considérer que des choses qui existent n’existent pas et inversement ; elle peut causer du mal à elle-même ou à d’autres personnes. Elle est malheureuse surtout de par son inadéquation au monde, ce qui la rend tourmentée.

La conception bourgeoise de la folie est, dans ce cadre, pragmatique. Elle considère que la folie est un processus normal dans le cadre d’un « libre-arbitre » cherchant à se régler par rapport au monde extérieur à l’individu.

La folie n’est, en tant que telle, pathologie que lorsqu’il y a de l’énergie trop faible rendant impossible ou difficile l’intégration dans les rapports sociaux capitalistes, ou de l’énergie trop forte aboutissant à des attitudes dangereuses.

Les médicaments servant à « booster » la psychologie ou l’enfermement sont les réponses pratiques de la conception bourgeoise de la folie, suivant un schéma que l’on pourrait formuler de la manière suivante, où les « débordements » doivent être évités, dans un sens comme dans l’autre.

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La psychiatrie, dans la mesure où elle obéit à la conception bourgeoise, se focalise par conséquent sur l’individu compris de manière statique, de manière isolée.

Cette approche est fondamentalement erronée aux yeux du matérialisme dialectique. Les maladies mentales sont le fruit d’un dérèglement non pas au sein d’un individu, mais d’un processus psychologique au sein d’un individu.

De plus, étant donné qu’il n’existe pas de séparation entre le corps et l’esprit selon le matérialisme dialectique, ce processus se déroule au sein de rapports sociaux, dans une situation naturelle bien déterminée.

Le matérialisme dialectique considère ainsi que pour étudier la folie d’une personne, il faut connaître son parcours personnel, afin de déterminer les étapes dialectiques que cette personne a parcouru au cours de sa vie.

Chaque personne a un effet un rapport avec elle-même et avec le monde, tant la société que la nature. Une vision du monde erronée amène une compréhension erronée de soi-même, de la société, du monde.

L’existence réelle et continue, qui plus est en transformation, de l’individu, de la société, de la nature, renforce la tendance au décalage en cas de blocage.

La personne folle s’enferme dans une vision erronée de la réalité (de soi-même, de la société, de la nature), vision toujours plus erronée alors que la personne elle-même, la société, la nature continuent de changer, étant toujours en mouvement.

Non seulement la lecture de l’individu est fausse à un moment M, mais ce moment M n’est pas statique et la tentative de ré-adéquation avec la réalité est d’autant plus difficile que ce moment M est passé, s’étant transformé, ayant même peut-être connu un saut qualitatif.

Cela signifie que le matérialisme dialectique considère que la pensée, comme reflet du réel, doit être synthétisée pour avancer. Un schéma en spirale est ici idéale, pour reprendre l’image classique utilisée par le matérialisme dialectique pour représenter l’évolution.

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Une personne qui, à un moment donné, a une conception erronée de la réalité – pour des raisons idéologiques, culturelles, un manque de connaissance, de vision des court, moyen, long termes, surtout une incompréhension de la nature dialectique du mouvement – sombre dans la folie.

Il existe un décalage entre la personne et la réalité, dans l’esprit de la personne ; étant donné que cela ne se déroule que dans l’esprit de la personne, et que cet esprit est reflet, il y a un décrochage plus ou moins complet qui s’appelle la folie.

La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne a été justement une tentative de liquider par exemple la folie, dans la mesure où les masses devaient comprendre la nature des processus dans la réalité, c’est-à-dire le matérialisme dialectique.

Dès 1937, conformément aux enseignements de Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine, Staline, on lisait dans De la pratique écrit par Mao Zedong :

« A l’époque actuelle du développement social, l’histoire a chargé le prolétariat et son parti de la responsabilité d’acquérir une juste connaissance du monde et de le transformer.

Ce processus, la pratique de transformation du monde, processus déterminé par la connaissance scientifique, est arrivé à un moment historique, en Chine comme dans le monde entier, à un moment d’une haute importance, sans précédent dans l’histoire de l’humanité − le moment de dissiper complètement les ténèbres en Chine comme dans le monde entier, et de transformer notre monde en un monde radieux, tel qu’on n’en a jamais connu.

La lutte du prolétariat et du peuple révolutionnaire pour la transformation du monde implique la réalisation des tâches suivantes : la transformation du monde objectif comme celle du monde subjectif de chacun – la transformation des capacités cognitives de chacun comme celle du rapport existant entre le monde subjectif et le monde objectif. »

En 1963, Mao Zedong nous explique la clef essentielle pour être en adéquation avec la réalité et son mouvement, dans D’où viennent les idées justes ? :

« Tombent-elles du ciel? Non. Sont-elles innées ? Non.

Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale: la lutte pour le production, la lutte de classes et l’expérimentation scientifique. »

La révolution socialiste va faire se réaliser un saut qualitatif à l’être humain dans ce qu’il a de plus profond, en le replaçant à sa juste place dans le mouvement éternel de la matière en marche vers le Communisme.

La lutte de classes (dans le cadre d’une société de classes, ainsi que dans celui de son dépassement au moyen de la révolution culturelle), le travail pour avancer dans l’amélioration de la complexité de la matière, l’expérimentation scientifique pour coller à l’évolution de la réalité : voilà ce qui abolit la folie.


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