
Au début du 20e siècle, le savant soviétique Vladimir Vernadsky constatait que la planète Terre était une Biosphère dont la vie était rythmée par la dialectique de la matière inerte et de la matière animée.
La compréhension de l’univers comme dialectique du fini et de l’infini permet d’avoir une vue d’ensemble plus profonde désormais.
On peut, en effet, remarquer que la matière vivante se caractérise par ce qu’on appelle la vie, dont l’activité est intense, avec une capacité de reproduction, ainsi qu’une décadence et la mort.
La matière inerte, quant à elle, se définit par une dimension inverse : il n’y a pas la quantité, mais la qualité par une existence bien plus prolongée et une persistance dans une existence largement plus grande matériellement.
Les montagnes, les fleuves, les éclairs et les pluies imposaient d’ailleurs grandement leur présence aux premiers êtres humains, au point que ceux-ci les ont personnifiés.
Ce n’est, toutefois, pas seulement qu’on retrouve l’opposition entre quantité et qualité.
Cela va bien plus loin : ce qui se déroule, c’est la dialectique du fini et de l’infini.
La croissance des êtres vivants est exponentielle ; elle consiste en l’infini.
Mais cet infini ne peut pas exister en soi et il se confronte, forcément, au fini.
C’est ce qu’on appelle traditionnellement les ressources limitées ou le caractère fini de la nourriture, de l’espace où se développer, des matières premières, etc.
De plus, les êtres vivants occupent un espace toujours facile à cerner – ils sont finis et faciles à définir – et ils sont très actifs dans leur courte période d’existence.
La matière inerte, à l’inverse, occupe un espace aux contours flous – désert, montagne, océan, volcans, etc. – dont l’action est
extrêmement restreinte et s’inscrit dans le temps long.
Il y a ici une qualité marquante et la poésie est remplie d’émerveillement devant tel mont, tel océan, tel lac, tel désert, etc.
Les êtres vivants sont donc des êtres « finis » qui croissent et agissent à l’infini, tandis que la matière inerte forme des ensembles « infinis » qui agissent de manière finie.
Le nexus de cette contradiction consiste en l’humanité.
Celle-ci brise le caractère fini de la matière inerte, en recombinant les éléments chimiques existants, en les dispersant sur toute la planète.
On ne saurait ici sous-estimer l’importance d’un constat absolument essentiel, dont le sens historique pour la Biosphère ne pourra être compris qu’à l’avenir : ce sont les énergies fossiles, matière inerte, qui fournissent à l’humanité le principal levier de sa transformation de la Biosphère, mais en même temps ces énergies fossiles sont le fruit d’une accumulation d’êtres vivants morts, dont les restes se sont modifiés chimiquement sous la pression de la matière inerte.
Il y a là un nexus, où la vie devient la mort et la mort la vie.
Il faut également observer que c’est la matière inerte – depuis l’oxygène jusqu’à la couche d’ozone en passant par l’eau – qui encadre strictement les possibilités d’existence de la matière vivante.
Enfin, un dernier aspect tient en la photosynthèse ; on a ici de la matière inerte faisant un apport énergétique ininterrompu rendant possible la dialectique sur la Biosphère (ou en la Biosphère plutôt) de la matière inerte et de la matière vivante.
Cependant, il faut pour l’instant en rester, en son essence et dans sa substance, à l’opposition de la matière inerte et de la matière vivante dans le cadre de la dialectique du fini et de l’infini.
La matière inerte, indéfinissable, rend fini l’infini porté par les êtres vivants, en imposant un cadre limité ; inversement, l’activité des êtres vivants transforme la matière inerte et remet ses composants chimiques dans l’infini qui la forme en la diffusant.
C’est le passage des grands ensembles indéfinissables de pétrole et de gaz naturel aux microplastiques qui se retrouvent dans l’eau et l’air sur tous les continents et jusque dans les organismes des êtres vivants.
La matière inerte devient ainsi, et c’est une contradiction, en mouvement ; non seulement elle se transforme sous les effets des actions humaines, mais en plus ses éléments se retrouvent sur toute la planète, à tous les niveaux et sur tous les plans, en accompagnant les êtres humains, tout comme l’a fait la blatte dite « germanique » (et en fait asiatique) présente désormais dans le monde entier.
La dialectique du fini et de l’infini précipite les échanges et les synthèses ; tant la matière inerte que la matière vivante se diffuse tout en diffusant, se transforme tout en transformant.
Voilà la source réelle des grandes interrogations de l’humanité quant à son rapport, au sein de l’existence, avec de possibles apports de matière inerte au sein des corps eux-mêmes pour améliorer le quotidien grâce à la technologie.
Le pacemaker est un grand symbole de cette dialectique de la matière inerte et de la matière vivante, produit par la dialectique du fini et de l’infini.
Il faut toutefois bien comprendre que c’est un processus général, car la matière connaît la dialectique – celle de la matière inerte et de la matière vivante -, ou mieux dit : les deux aspects de la matière sont le vivant et l’inerte.
Le vivant s’oppose à l’inerte, l’inerte au vivant ; l’humanité transformatrice, nexus historique de la matière vivante et inerte, précipite leur rencontre historique, engageant ainsi non seulement l’humanité mais bien l’ensemble de la matière dans tout le processus qui mène au communisme.