[Article publié dans le vingt-deuxième numéro de la revue Crise]

La tenue du G20 à la mi-novembre en Indonésie marque un tournant historique, de par la déchirure qui parcourt l’ensemble des pays du monde. La vieille division du monde se termine ; les puissances dominantes de la seconde moitié du 20e siècle s’essoufflent et font face à la montée en gamme de toute une série de pays s’arrachant, de manière non linéaire et partielle, à leur nature de pays du tiers-monde.

Le G20, qui rassemble les principaux pays industrialisés du monde, a officiellement maintenu son caractère unitaire, mais dans les faits le conflit s’est posé, dans sa nature irréductible. Il suffit d’ailleurs pour saisir cela de porter un regard sur la composition du G20 lui-même, puisqu’on y trouve :

– des pays capitalistes occidentaux européens, avec l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne comme institution et l’Espagne par contre simplement comme invité ;

– des pays capitalistes occidentaux non européens avec bien sûr les États-Unis, superpuissance dominante au niveau mondial, mais également l’Australie, le Canada et le Japon ;

– des pays relevant du bloc des BRICS : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud ;

– de pays ayant connu un développement particulier malgré leur arriération économique et financière : l’Arabie Saoudite, l’Argentine, la Corée du Sud, l’Indonésie, le Mexique, la Turquie.

Les pays d’Europe de l’Ouest sont en perte de vitesse. Ils relèvent du second monde, qui était soumis à la bataille pour l’hégémonie des superpuissances américaine et soviétique dans les années 1960-1990, et désormais ils sont satellisés de manière toujours plus marquée par la superpuissance américaine en train de décrocher et exerçant une pression terrible pour maintenir sa position hégémonique.

Il en va de même pour l’Australie, le Canada et le Japon, alors qu’inversement les BRICS profitent de leur nature particulière – la population, la superficie, etc. − pour s’arracher à l’ordre mondial et parvenir à un développement qui ne soit pas dans l’ombre de l’occident. C’est le sens de la guerre menée à l’Ukraine par la Russie, et si l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde sont loin du compte pour parvenir à une réelle indépendance, la Chine se fonde pour cela sur le révisionnisme ayant arraché le pouvoir à la ligne rouge en 1976, transformant la Chine socialiste et indépendante en Chine capitaliste et indépendante visant désormais la suprématie mondiale.

Cet élan chinois entraîne dans son sillage toute une série de pays du tiers-monde qui, sans être indépendants, connaissent de fortes tendances monopolistes bureaucratiques pour forcer le développement. L’armée joue ici un rôle majeur et le caractère central de l’armée dans ce processus pour le Brésil, le Mexique et la Turquie restent à étudier. L’armée brésilienne a acquis un poids considérable et elle est bien finie l’époque où la France pouvait, comme en 1961-1963, envoyer des navires de guerre le long des côtes brésiliennes pour protéger les navires français pêchant la langouste.

Le fonds de pension de l’armée turque, OYAK, est l’un des grands monopoles dans le pays, possédant des parts dans des entreprises de sidérurgie, de chimie, de finance, d’automobiles, etc. Et l’armée mexicaine se charge elle-même de la construction d’un aéroport à Mexico City et de la mise en place du « train Maya » avec tout le tourisme qui va avec.

C’est un processus monopoliste bureaucratique qui va de soi de toutes façons quand on pense à l’Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, à l’Azerbaïdjan etc., avec en général des pays du tiers-monde qui, pour des raisons diverses, se retrouvent avec une manne financière utilisée selon les bons et surtout mauvais vouloirs de la clique bureaucratique au pouvoir.

Cette tendance historique, qui a accompagné l’énorme accumulation capitaliste de la période 1990-2020, atteint désormais le G20. Mais il va de soi qu’une cassure directe n’était nullement possible. Les pays qui en font partie représentent en effet 80 % du PIB mondial, 60 % de la population de la planète et 75 % du commerce à l’échelle internationale.

En ce sens, le G20 est une institution qui vise la stabilité mondiale sur le plan économique, dans le sillage du développement économique central des pays capitalistes occidentaux.

Même pour la Chine, la tendance est à profiter au maximum de cela, tout en sachant que cela aura une fin. Il s’agit de grappiller autant que possible de cette croissance, avant qu’elle ne disparaisse.

Un tel processus n’existait pas lors de la première crise générale du capitalisme. Dans les années 1930, le tiers-monde était dans une situation lamentable, et les pays du second monde ne pouvaient que tenter de se replier sur eux-mêmes de manière la plus agressive qui soit, avec le fascisme et son militarisme.

Désormais, le capitalisme a une contre-tendance mondiale elle-même capitaliste, avec un développement général mais un concurrent œuvrant à un nouvel ordre mondial. Cette situation n’est en soi pas nouvelle : telle était la situation déjà pour la période 1960-1990 avec l’alliance et la compétition entre la superpuissance américaine et la superpuissance social-impérialiste soviétique.

Elle prend des traits accélérés toutefois avec l’immense accumulation de marchandises réalisée et la crise générale ouverte en 2020. Tout va très vite… Tout va trop vite, pour tout le monde. La Russie est ici dans une position très particulière, car elle a compris la situation avant tout le monde et a décidé de tirer son épingle du jeu en prévision du grand chaos à venir, mais cela a pris de court le tiers-monde « avancé ».

Le G20 à Bali a reflété ce moment où l’on est déjà plus comme avant, mais pas encore réellement dans l’après. D’un côté, l’hégémonie occidentale est désormais fissurée avec la crise générale ouverte en 2020. De l’autre, la rupture n’est pas encore consommée.

Cela ne veut pas dire bien entendu qu’elle n’émerge déjà pas. Ainsi, dans son compte-rendu de la déclaration du G20, l’agence de presse Reuters a été obligé de modifier son communiqué. La modification est présentée comme suit :

« (Corrige le titre et corrige le premier paragraphe pour préciser que la référence de la déclaration du G20 à l’agression de la Russie cite une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies et n’est pas une déclaration des dirigeants du G20) »

Il s’avère en effet que la déclaration du G20 aborde la guerre en Ukraine et que cela a été prétexte à une vague médiatique massive dans les pays occidentaux pour expliquer que la Russie était isolée, que la déclaration finale était très claire à ce sujet.

En réalité, la déclaration aborde la guerre en Ukraine au point 3 seulement, pour plus d’une cinquantaine de points. Il n’y a pas du tout de déclaration du G20 pour condamner la Russie. Le texte exact est le suivant (et naturellement on ne le trouve nulle part dans les médias) :

« 3. Cette année, nous sommes également les témoins de la guerre en Ukraine qui a un impact contrariant de plus sur l’économie mondiale. Il y a une discussions à ce sujet. Nous avons réitéré nos positions nationales comme exprimées dans d’autres forums, y compris le conseil de sécurité des Nations-Unies et l’Assemblée Générale des Nations-Unies, qui dans la résolution n°ES-11/1 du 2 mars 2022, comme adoptée à la majorité des votes (141 voix pour, 5 contre, 35 abstentions, 12 absents) déplore dans les termes les plus forts l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine et exige son retrait complet et inconditionnel du territoire de l’Ukraine.

La plupart des membres condamnent fermement la guerre en Ukraine et soulignent qu’elle cause une immense souffrance humaine et exacerbe les fragilités existantes dans l’économie mondiale – restreignant la croissance, augmentant l’inflation, perturbant les chaînes d’approvisionnement, élevant l’insécurité énergétique et alimentaire, et élevant les risques concernant la stabilité financière.

Il y a eu d’autres points de vue et différentes estimations de la situation et des sanctions. Reconnaissant que le G20 n’est pas le forum pour résoudre les questions de sécurité, nous reconnaissons que celles-ci peuvent avoir des conséquences pour l’économie mondiale. »

Il n’y a pas de dénonciation de la Russie par le G20, mais une reconnaissance que la majorité des pays, qui sont des pays capitalistes occidentaux ou qui leur sont étroitement liés comme le Japon, sont contre la Russie, accusée de promouvoir l’instabilité mondiale avec son initiative militaire contre l’Ukraine.

Ce point numéro trois de la déclaration témoigne de l’hégémonie occidentale, les phrases sont tournées de telle manière que cela semble même totalement dominant, mais qui lit ces lignes de manière réelle, sans œillère occidentale, voit bien que l’occident joue à quitte ou double.

Car que se passe-t-il ? La Chine a profité du G20 pour affirmer que l’Union africaine devrait en être membre. Elle promet une entité BRICS+, avec le Kazakhstan, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, l’Indonésie, le Nigeria, le Sénégal, les Émirats arabes unis, la Thaïlande… Alors que frappent déjà à la porte des BRICS l’Algérie, le Venezuela, l’Iran, et que même deux pays du continent américain, l’Argentine et le Mexique, sont très intéressés, tout comme la Turquie d’ailleurs.

Quand on sait à quel point le Mexique et la Turquie sont historiquement inféodés à la superpuissance américaine, on comprend le glissement en cours. La guerre en Ukraine est littéralement le terrain glissant employé par la Chine pour affirmer sa position de challenger pour l’hégémonie mondiale.

La déclaration du G20 peut bien constater les troubles : la question est de savoir comment les résoudre, et là la réponse chinoise est celle du « multilatéralisme » où, bien entendu, elle prend une position centrale.

D’ailleurs, le président chinois Xi Jinping et le premier ministre britannique Rishi Sunak qui devaient discuter ensemble lors du G20 ont tout annulé pour des « problèmes d’agenda ». C’est très révélateur, alors que les dirigeants chinois et britannique ne se sont pas rencontrés depuis cinq ans et que Rishi Sunak expliquait il y a peu que la Chine était la « menace principale » pour la sécurité mondiale.

Voici justement le communiqué de l’agence de presse chinoise Xinhua quant au G20 :

« Les dirigeants du G20 réaffirment leur engagement de coopération pour relever les défis économiques mondiaux.

Les dirigeants présents au 17e sommet du G20 ont réaffirmé, mercredi à Bali en Indonésie, leur engagement en faveur de la coopération pour relever les grands défis économiques mondiaux.

Dans une déclaration adoptée à l’issue de ce sommet de deux jours à Bali, les dirigeants du G20 ont déclaré qu’ils assument collectivement les responsabilités et que leur coopération est nécessaire pour la reprise économique mondiale, relever les défis mondiaux et jeter les bases d’une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive.

Il est essentiel de défendre le droit international et le système multilatéral qui préserve la paix et la stabilité, ont-ils affirmé, soulignant que la résolution pacifique des conflits, les efforts destinés à répondre aux crises, la diplomatie et le dialogue étaient cruciaux.

Le groupe s’est engagé à aider les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement, à relever les défis mondiaux et à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

Les dirigeants ont promis qu’ils se coordonneraient pour parvenir à une reprise mondiale robuste, inclusive et résiliente et à un développement durable qui génère des emplois et de la croissance.

Ils ont réaffirmé leur engagement constant à lutter contre le changement climatique en renforçant la mise en œuvre pleine et réelle de l’Accord de Paris et de son objectif de limitation de la hausse des températures, qui reflètent l’équité et le principe de responsabilités communes mais différenciées selon les capacités de chacun, en fonction de leurs différentes conditions nationales.

Les dirigeants du G20 ont reconnu la nécessité urgente de renforcer les politiques et de mobiliser les financements pour répondre au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la dégradation environnementale, y compris en augmentant considérablement le soutien apporté aux pays en développement.

Ils ont réitéré le fait que le système commercial multilatéral basé sur des règles, non discriminatoire, libre, juste, ouvert, inclusif, équitable, durable et transparent, avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en son cœur, est indispensable pour faire avancer leurs objectifs partagés.

S’exprimant lors de la cérémonie de clôture du sommet, le président indonésien Joko Widodo a déclaré que son pays avait pris la présidence du G20 « avec l’espoir d’unir notre volonté d’atteindre une reprise mondiale inclusive après la pandémie ».

Les résultats et les projets collaboratifs conclus pendant le sommet rapprochent les travaux du G20 à la population et peuvent bénéficier non seulement à ses membres mais au monde entier, en particulier aux pays en développement, s’est-il félicité.

« Relevons-nous ensemble, relevons-nous plus forts », a lancé M. Widodo avant de remettre la présidence du G20 à l’Inde, ajoutant que « le G20 continuera d’avancer ».

Le sommet s’est tenu sous le thème « la reprise conjointe, la reprise forte ».

Fondé en 1999, le G20 est un forum central de la coopération internationale sur les questions financières et économiques. Il est composé de 19 pays plus l’Union européenne.

Ces pays sont l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la République de Corée, la Turquie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. »

Tout ce discours est totalement propagandiste. Mais il faut toutefois le connaître pour lire à travers et pour connaître les modalités de ce qui se met en place.

Il faut à ce titre se tourner vers le Rapport au XXe Congrès du Parti « communiste » chinois du 16 octobre 2022 du dirigeant chinois Xi Jinping, intitulé dans le même verbiage révisionniste-impérialiste « Porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise et lutter ensemble pour l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne ».

À ce XXe congrès, Xi Jiping a centralisé encore davantage les forces dirigeantes, afin d’asseoir son emprise.

Et s’il est particulièrement indigeste, le 14e point des plus de 70 pages du rapport sont à connaître pour saisir la stratégie chinoise, tout comme il faut connaître le discours de Vladimir Poutine au « club Valdai », le think tank russe qu’il a lui-même mis en place. Il faut à la fois constater et cerner la constitution de deux blocs impérialistes se faisant face – et précipitant le monde dans la troisième guerre mondiale.

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« XIV. PROMOUVOIR LA PAIX ET LE DÉVELOPPEMENT DANS LE MONDE, AINSI QUE LA CONSTRUCTION D’UNE COMMUNAUTÉ DE DESTIN POUR L’HUMANITÉ

Aujourd’hui, le monde, l’époque et l’histoire connaissent des changements sans précédent. D’un côté, le courant de l’histoire marqué par la paix, le développement, la coopération et le principe gagnant-gagnant est irrésistible. Cette aspiration commune de tous et cette grande tendance annoncent l’avenir radieux de l’humanité.

De l’autre, la recherche d’une domination hégémonique, la volonté d’imposer la politique du plus fort et les tentatives d’intimidation au moyen de l’abus de puissance, de brutalités exercées sur les pays faibles, de l’accaparement de richesses, du pillage et du jeu à somme nulle ont de graves et profonds impacts ; les déficits en matière de paix, de développement, de sécurité et de gouvernance continuent de se creuser ; et la société humaine est confrontée à des défis inédits. Le monde se trouve de nouveau à un carrefour de l’histoire et son avenir dépend du choix de tous les peuples.

La Chine poursuit depuis toujours une politique extérieure ayant pour but la préservation de la paix mondiale et la promotion du développement commun, et s’engage dans la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

En poursuivant résolument sa politique extérieure d’indépendance et de paix, la Chine déterminera toujours sa position et ses politiques en faisant, dans le cours des événements, la distinction entre ce qui est juste et ce qui est erroné, et continuera à défendre les normes fondamentales régissant les relations internationales ainsi que l’équité et la justice internationales. Elle respectera la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les États, ainsi que les voies de développement et les systèmes sociaux choisis en toute indépendance par leurs peuples ; promouvra l’égalité entre les pays, quelles que soient leur taille, leur puissance et leur richesse ; s’opposera fermement à l’hégémonisme et à la politique du plus fort sous toutes leurs formes ; et rejettera la mentalité de guerre froide, les ingérences dans les affaires intérieures d’autres pays et le « deux poids, deux mesures ». La Chine appliquera la politique de défense nationale à caractère défensif, et son développement permettra aux forces en faveur de la paix dans le monde de gagner du terrain. Elle ne prétendra jamais à l’hégémonie ni à l’expansion, quel que soit son niveau de développement.

La Chine développera des liens d’amitié et de coopération avec les autres pays sur la base des Cinq principes de la coexistence pacifique, et continuera d’œuvrer à l’établissement d’un nouveau type de relations internationales, à l’approfondissement de partenariats d’égal à égal, ouverts et coopératifs dans le monde, et à la recherche d’une plus grande convergence d’intérêts avec les autres pays.

Elle promouvra des relations entre grands pays caractérisées par la coexistence pacifique, une stabilité générale et un développement équilibré, en encourageant la coordination et l’interaction constructive entre eux. Sur la base de l’amitié, la sincérité, la réciprocité et l’inclusion et du principe diplomatique de bon voisinage et de partenariat avec ses voisins, la Chine cherchera à approfondir la confiance mutuelle et les relations amicales avec les pays voisins, de même qu’à faire mieux converger ses intérêts avec les leurs.

Attachée à une juste conception de l’équilibre entre l’équité et l’intérêt propre ainsi qu’au principe de « sincérité, pragmatisme, amitié et franchise », elle renforcera la solidarité et la coopération avec les autres pays en voie de développement (PVD) et défendra les intérêts communs qu’elle partage avec eux.

Le PCC entend intensifier, sur la base des principes d’indépendance, d’égalité totale, de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui, les échanges et la coopération avec les partis et organisations politiques étrangers, et encourager les assemblées populaires, les conférences consultatives politiques, l’armée, les autorités locales et les organisations non gouvernementales à multiplier leurs échanges avec l’extérieur.

En appliquant sa politique fondamentale d’ouverture sur l’extérieur et en poursuivant une stratégie d’ouverture mutuellement bénéfique, la Chine offrira sans cesse de nouvelles opportunités au monde par son nouveau développement et œuvrera à la construction d’une économie mondiale ouverte, de manière à apporter plus de bénéfices aux autres peuples. Elle continuera de promouvoir la mondialisation économique qui est la bonne direction à suivre ; de favoriser la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement ; d’encourager la coopération bilatérale, régionale et multilatérale ; de favoriser une meilleure coordination internationale en matière de politiques macroéconomiques ; de créer avec les autres pays un environnement international favorable au développement ; et de former de nouvelles forces motrices du développement mondial.

Elle s’opposera au protectionnisme, à la « construction de murs et de barrières », au « découplage » et à la « rupture des chaînes industrielles et d’approvisionnement », ainsi qu’aux sanctions unilatérales et à l’exercice des pressions extrêmes. La Chine est disposée à investir davantage de ressources pour promouvoir la coopération en matière de développement global, s’engage à réduire l’écart Nord-Sud, et à accorder un soutien et une aide solides aux PVD pour accélérer leur développement. La Chine prendra une part active au développement et à la réforme du système de gouvernance mondiale, appliquera la conception de gouvernance mondiale dite « concertation, synergie et partage », défendra un véritable multilatéralisme, favorisera la démocratisation des relations internationales et fera évoluer la gouvernance mondiale dans un sens plus juste et plus raisonnable.

Elle défendra fermement le système international centré sur les Nations Unies, l’ordre international fondé sur le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales basées sur les buts et principes de la Charte des Nations Unies. Elle s’opposera à l’unilatéralisme sous toutes ses formes, à la création de blocs prenant pour cible des pays particuliers, et à la formation de clans cherchant à isoler d’autres pays. Elle travaillera à faire mieux jouer leur rôle aux mécanismes multilatéraux comme l’OMC et l’APEC, à accroître l’influence des mécanismes de coopération comme les BRICS et l’OCS, et à renforcer la représentation et le droit à la parole des marchés émergents et des PVD dans les affaires internationales. Elle participera activement à l’élaboration des règles sécuritaires globales, renforcera la coopération sécuritaire internationale, et prendra une part active aux opérations onusiennes de maintien de la paix, afin de jouer un rôle plus constructif dans la préservation de la paix mondiale et de la stabilité régionale.

La construction d’une communauté de destin pour l’humanité est le chemin qui offre une perspective d’avenir à tous les peuples du monde. « Les choses du monde se développent sans rivalité, et les quatre saisons alternent sans contradiction. » Ce n’est que lorsque les pays du monde empruntent la bonne voie, coexistent pacifiquement et coopèrent de manière mutuellement bénéfique que l’on peut jouir d’une prospérité durable et assurer la sécurité dans le monde. La Chine a avancé l’initiative pour le Développement mondial et l’initiative pour la Sécurité mondiale, et elle est prête à travailler avec la communauté internationale pour les mettre en œuvre.

Attachée au dialogue et à la consultation, elle travaillera à construire un monde où la paix est durable ; attachée à la co-édification et au partage, elle travaillera à construire un monde où la sécurité est universelle ; attachée à la coopération gagnant-gagnant, elle travaillera à construire un monde où la prospérité est commune ; attachée aux échanges et à l’inspiration mutuelle, elle travaillera à construire un monde ouvert et inclusif ; enfin, attachée au développement vert et bas carbone, elle travaillera à construire un monde propre et beau. Nous invitons sincèrement tous les pays du monde à faire rayonner les valeurs communes à toute l’humanité que sont la paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté ; à favoriser la compréhension mutuelle et le rapprochement des peuples ; à respecter la diversité des civilisations en dissipant les malentendus grâce aux échanges entre civilisations, en prévenant les conflits grâce à l’apprentissage mutuel et en rejetant l’idée de supériorité d’une civilisation sur les autres grâce à la coexistence de toutes.

Tout cela doit nous permettre de surmonter ensemble des défis planétaires de toutes sortes.

Nous vivons dans une époque pleine de défis, mais aussi pleine d’espoir. Le peuple chinois souhaite travailler main dans la main avec tous les peuples du monde pour ouvrir un avenir plus radieux à l’humanité. »


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