Le printemps s’installe, à l’occasion de l’équinoxe, qui se tient entre le 19 et le 22 mars, selon les années. En Iran, c’est une tradition que de le fêter, sous le nom de Norouz.

C’est une fête essentielle, au même titre que le Newroz des Kurdes, son équivalent direct. Quand on dit essentiel, on devait dire central, tellement elle a d’importance. La vie reprend ses droits, la nuit recule.

On peut bien entendu considérer que toute l’humanité a fêté cette date, avant son remplacement ou son effacement en raison du monothéisme. Mais là n’est pas la question ici.

Lorsque l’Iran va célébrer le printemps, le retour du soleil, la nouvelle année… cela sera sous les bombes américaines et israéliennes, sous les balles des agents des mollahs.

Et cela se déroule dans le silence et avec la complicité des opinions publiques occidentales, qui ont laissé tomber les masses iraniennes malgré leurs milliers, peut-être leurs dizaines de milliers de morts lors du soulèvement populaire de janvier 2026.

Pourtant, il est tout à fait évident que l’attaque contre l’Iran est le prolongement de l’attaque contre Gaza, tout comme il est clair que le Hamas et la République islamique d’Iran sont des féodaux criminels terrorisant le peuple.

Les uns sont des criminels, les autres aussi, et c’est toujours le peuple qui souffre. Il n’échappe à personne non plus que cette horrible séquence fait partie d’une tendance générale à la guerre mondiale.

Pourquoi alors ce silence et cette obscurité, c’est-à-dire littéralement le contraire du Norouz ?

Imaginons ce que vont penser les Iraniens le 21 mars, jour du Norouz. Ils vont vouloir aller, avec leurs habits neufs, voir leurs voisins et leurs familles. Ils vont se dire que c’est très risqué.

Pourtant, dans le fond, les efforts seront faits. Il y a toute une savante tradition d’objets à présenter, afin de faire référence aux bonnes augures de la nouvelle année.

Il est par exemple possible d’utiliser un germe (de blé, de lentille…) qui a poussé pour symboliser la renaissance, une pâte sucrée pour représenter l’abondance, un fruit d’un arbuste local pour refléter l’amour, du vinaigre comme témoignage de l’âge et de la patience, des pommes comme espoirs de beauté et de bonne santé…

Ainsi qu’une horloge pour le temps, des baies de sumac pour le lever du soleil, des pièces pour la prospérité, de l’ail pour la médecine…

Dans ce contexte, les Iraniens vont se rappeler que, dans treize jours, ils sont censés pique-niquer, comme chaque année. Mais où en sera le pays dans treize jours ? Où en sera même le monde ?

Comment ne peuvent-ils pas se sentir trahis par la Gauche mondiale ? Comment ne peuvent-ils pas se sentir abandonnés ?

Ce qui se passe en Iran est emblématique non pas de la fragilité du monde, mais de l’inconscience des masses mondiales qui refusent de se prendre en main et laissent faire la bataille pour le repartage du monde.

Et, également, de l’importance de la petite-bourgeoisie des pays occidentaux, qui a énormément parlé de Gaza, sans apporter aucun soutien dans les faits, et ayant totalement disparu alors que la séquence continue.

Il ne faut pas se laisser avoir – il faut assumer le drapeau rouge, c’est le Socialisme ou la retombée dans la barbarie !


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