Résumer les différents aspects de l’alimentation de la narration individuelle par la société capitaliste de consommation n’a pas de sens, ce serait du formalisme.

En effet, la narration individuelle n’existe pas sans l’alimentation permanente, celle-ci n’existe pas sans la société capitaliste de consommation et celle-ci n’existe pas sans la narration comme fausse conscience des prolétaires.

Au sens strict, tout cela est interchangeable, ou bien revient au même.

Ce qu’on peut et doit dire, c’est que la narration n’est pas un phénomène statique.

Elle accompagne les cycles du capitalisme et si ceux-ci sont perturbés, la narration est troublée.

On l’a vu au moment de la pandémie en 2020 : la narration a perdu en vigueur dans une partie de la population.

Néanmoins, lorsque le capitalisme a repris, même si de manière relativement cassée, la narration a repris.

La seconde crise générale du capitalisme, commencée en 2020, affaiblit cependant les fondements de la narration.

Celle-ci s’efface-t-elle, se gomme-t-elle, disparaît-elle ?

Il y a là une vraie question révolutionnaire. La victoire de la Cause révolutionnaire sur la fausse conscience en dépend.

Et quel aspect est principal : l’alimentation ?

Le caractère faux de la conscience des prolétaires ?

La société capitaliste de consommation ?

Ou bien faut-il bien considérer les trois comme une seule et même chose ?

Ou si l’on préfère : est-ce une question de culture ou de civilisation ?

Là est la vraie question.

Et la réponse est peut-être par la négative, lorsqu’on voit comment les aspects se mêlent.

Triompher sur l’un peut amener à la défaite par un autre.

Le mouvement punk, à la fin des années 1970, a bousculé la société capitaliste de consommation du point de vue de ses protagonistes ; il n’a pas échappé à la logique de la narration pour autant.

Les religieux se sont mis à l’écart de la société, cherchant à couper « l’alimentation ».

Ils n’ont pas échappé à une mise en valeur de leur propre démarche de manière conforme aux attentes de la société de consommation : c’est particulièrement vrai pour l’Islam radical, les djihadistes et les salafistes étant entièrement adaptés à elle et à ses attentes.

C’est là où on voit surtout que tout dépend de la classe.

Il n’y a pas de porte de sortie individuelle et la seule chose véritablement décisive, c’est le niveau de conscience, sous la forme de la seule vision révolutionnaire du monde à notre époque : le matérialisme dialectique.


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