la_liberation_des_forces_productives-1.jpgLa planification de la totalité de l’économie permet, plan quinquennal après plan quinquennal, d’agrandir la production et par conséquent de renforcer la consommation qui n’a, dans le socialisme, pas le même sens que dans le capitalisme. Ce dernier, en effet, nivelle culturellement vers le bas, tend à des produits de masse de mauvaise qualité et à des marchandises élitistes sans intérêt réel bien souvent.

En URSS, la planification visait donc à renforcer le développement matériel et spirituel, en attribuant une part toujours plus grande à la culture, aux sciences, à la vie sociale, aux soins médicaux, etc. Une partie des ressources servait à l’accumulation pour lancer et renforcer le prochain cycle quinquennal, une autre partie à la consommation afin de satisfaire de mieux en mieux les masses.

Plus l’accumulation permettait de renforcer la production, plus celle-ci permet de déverser ses avancées dans le domaine de la consommation.

Cela allait d’autant plus vite que la distribution des marchandises échappait au parasitage commercial réalisé par les capitalistes existant normalement dans ce secteur, à la spéculation, à l’absurdité de la concurrence, aux crises, etc.

la_liberation_des_forces_productives.jpg

Le problème de l’URSS était que le pays partait de très loin, d’une arriération économique terrible ; le plan quinquennal ne pouvait pas profiter d’un socle déjà solide en termes de développement. Toutefois, on voit d’autant plus comment la production s’est agrandi justement grâce à la planification.

Entre 1929 et 1932, 2 400 usines et ateliers sont formés, entre 1933 et 1937 4 500 y sont ajoutés et 3 000 entre 1938 et 1940, 8 000 entre 1946 et 1954. Entre 1929 et 1933, la production industrielle a doublé et représente déjà plus de quatre fois celle de 1913 ; en 1938, elle est 4,7 fois plus grande qu’en 1929.

Staline, dans son rapport de 1933 sur le bilan du premier plan quinquennal, qui fut réalisé en quatre ans, explique la chose suivante :

la_liberation_des_forces_productives-2c.jpg« La tâche essentielle du plan quinquennal était de faire passer notre pays, de sa technique arriérée, parfois médiévale, à une technique nouvelle, moderne. La tâche essentielle du plan quinquennal était de transformer l’U.R.S.S., de pays agraire et débile, qui dépendait des caprices des pays capitalistes, en un pays industriel et puissant parfaitement libre de ses actions et indépendant des caprices du capitalisme mondial.

L’idée que le pouvoir des Soviets ne peut longtemps se maintenir sur la base d’une industrie arriérée; que seule une grande industrie moderne, qui non seulement ne le cède en rien à l’industrie des pays capitalistes mais est capable, avec le temps, de la surpasser, peut servir de fondement réel et sûr au pouvoir des Soviets.

L’idée que le pouvoir des Soviets ne peut longtemps se baser sur deux fondements opposés, sur la grande industrie socialiste qui anéantit les éléments capitalistes, et sur la petite économie paysanne individuelle, qui engendre les éléments capitalistes.

la_liberation_des_forces_productives-3.jpg

L’idée qu’aussi longtemps qu’une base de grosse production ne sera pas assignée à l’agriculture; qu’aussi longtemps que les petites exploitations paysannes ne seront pas groupées en de grandes exploitations collectives, le danger de restauration du capitalisme en U.R.S.S. est le danger le plus réel de tous les dangers possibles (…).

Avons-nous remporté la victoire dans ce domaine ? Oui, nous l’avons remportée. Et non seulement nous l’avons remportée, mais nous avons fait plus que nous n’attendions nous-mêmes, plus que ne pouvaient attendre les têtes les plus chaudes de notre Parti. Cela, nos ennemis eux-mêmes ne le nient plus maintenant. D’autant moins peuvent le nier nos amis.

Nous n’avions pas de sidérurgie, base de l’industrialisation du pays. Nous l’avons maintenant. Nous n’avions pas d’industrie des tracteurs. Nous l’avons maintenant. Nous n’avions pas d’industrie automobile. Nous l’avons maintenant. Nous n’avions pas d’industrie des constructions mécaniques. Nous l’avons maintenant.

Nous n’avions pas une sérieuse industrie chimique moderne. Nous l’avons maintenant. Nous n’avions pas une véritable et sérieuse industrie pour la fabrication des machines agricoles modernes. Nous l’avons maintenant. Nous n’avions pas d’industrie aéronautique. Nous l’avons maintenant.

la_liberation_des_forces_productives-5.png

Pour la production de l’énergie électrique nous occupions la toute dernière place. Nous sommes maintenant arrivés à une des premières places. Pour la production des produits du pétrole et du charbon, nous occupions la dernière place. Maintenant nous sommes arrivés à une des premières places. Nous ne possédions qu’une seule base houillère et métallurgique, — celle de l’Ukraine, — que nous avions beaucoup de mal à exploiter.

Nous sommes arrivés non seulement à remettre debout cette base, — mais encore nous avons créé une nouvelle base houillère et métallurgique dans l’Est, qui fait l’orgueil de notre pays.

Nous ne possédions qu’une seule base de l’industrie textile, dans le nord du pays. Nous avons fait en sorte que d’ici peu nous aurons deux nouvelles bases de l’industrie textile, en Asie centrale et en Sibérie occidentale. Et non seulement nous avons créé ces nouvelles et vastes industries, mais nous les avons créées sur une échelle et dans des proportions qui font pâlir les échelles et les proportions de l’industrie européenne.

la_liberation_des_forces_productives-7.jpg

Tout cela a abouti au fait que les éléments capitalistes sont éliminés de l’industrie, définitivement et sans retour, cependant que l’industrie socialiste est devenue la seule forme de l’industrie en U.R.S.S.

Tout cela a abouti au fait que notre pays, d’agraire est devenu industriel, puisque la part de la production industrielle par rapport à la production agricole a passé de 48%, au début de la période quinquennale (1928), à 70% vers la fin de la quatrième année du plan quinquennal (1932).

Tout cela a abouti au fait que, vers la fin de la quatrième année de la période quinquennale, nous avons accompli le programme de l’ensemble de la production industrielle, établi pour cinq ans, à 93,7%, en augmentant ainsi le volume de la production industrielle de plus du triple en comparaison du niveau d’avant-guerre, et de plus du double en comparaison du niveau de 1928. Quant au programme de la production de l’industrie lourde, nous avons réalisé le plan quinquennal à 108%. »

Voici comment Staline présente cela en 1934 au XVIIe congrès du PCUS(b) :

staline-75.jpg« Comment ces changements prodigieux ont-ils pu s’opérer en quelque trois ou quatre ans, sur le territoire d’un immense Etat, à technique et à culture arriérées ? N’est-ce point là un miracle ?

C’en eût été un, si ce développement s’était fait sur la base du capitalisme et de la petite économie individuelle. Mais on ne peut parler de miracle, si l’on tient compte que l’essor s’est poursuivi chez nous sur la base du développement de l’édification socialiste.

On conçoit que cet essor gigantesque n’ait pu se développer que sur la base des succès de l’édification socialiste, sur la base du travail social de dizaines de millions d’hommes, sur la base des avantages que le système d’économie socialiste a sur le système d’économie capitaliste, sur le système d’économie paysanne individuelle.

Il n’est donc pas étonnant que le prodigieux essor économique et culturel de l’U.R.S.S., pendant la période écoulée, ait marqué en même temps la suppression des éléments capitalistes et le refoulement à l’arrière-plan de l’économie paysanne individuelle.

C’est un fait que la part du système d’économie socialiste dans l’industrie est actuellement de 99% et, dans l’agriculture, si l’on tient compte des emblavures de céréales, de 84,5%, tandis qu’à l’économie paysanne individuelle il n’en revient que 15,5%.

Il en résulte que l’économie capitaliste est d’ores et déjà liquidée en U.R.S.S., et le secteur des paysans individuels à la campagne, refoulé sur des positions de second plan. »

La planification a permis de libérer les forces productives, qui pouvaient s’élancer alors de manière naturelle, sans les freins du capitalisme décadent.


Revenir en haut de la page.