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Nous voulons la révolution et qu’est-ce qui porte concrètement la révolution ? Le fait d’assumer une rupture subjective avec une situation historique.
Comment comprend-on une situation historique ? En saisissant le mode de production.
En particulier, ou bien en général ? En particulier, car c’est toujours la dignité du réel qui l’emporte.
Et comment mène-t-on la révolution ? Précisément en assumant la dignité du réel, en la portant jusqu’à son noyau dur, qui consiste en le développement, la transformation, le saut dialectique.
C’est la seule chose qui compte, la seule chose qui a un sens. Parce que le fini porte l’infini, parce que la réalité historique que nous vivons porte le communisme en elle.
Comment va-t-on alors justement au communisme ? Par la Guerre Populaire, qui amène la victoire.
« Victoire dans la Guerre Populaire ! », tel était le mot d’ordre de la Fraction Armée Rouge.
C’est pour cette raison, pour toutes ces raisons, que notre camarade Ulrike Meinhof a été assassinée dans sa cellule, le 9 mai 1976, à Stuttgart-Stammheim.
C’était il y a cinquante ans, c’est-à-dire il y a très longtemps. Néanmoins, il suffit de lire les documents de la Fraction Armée Rouge pour voir que le 24 heures sur 24 du capitalisme avait été compris, annoncé et combattu.
Nous ne vivons pas le capitalisme des années 1970 ; les marchandises sont désormais partout, le consumérisme est généralisé, les mentalités se sont façonnées en fonction.
C’est pourquoi, cinquante ans après, saluer la mémoire d’Ulrike Meinhof, ce n’est pas simplement parler d’elle, c’est assumer le fait que nous sommes des êtres humains – et que nous devons le devenir !
L’humanité n’est pas terminée dans sa transformation historique, commencée avec la sortie de la Nature, tant qu’elle n’est pas arrivée au communisme, qui est également un retour à la Nature, en conservant les acquis.
Cette bataille pour l’avancée de l’humanité, pour sa dignité, conformément au besoin de communisme, voilà ce qu’a porté Ulrike Meinhof.
Nous ne voulons donc pas ici établir un « bilan » à son sujet – elle-même avait parfaitement souligné que les « positionnements » ont quelque chose de formel et ne sont que le masque de la passivité.
En réalité, tout doit être une prise de position, une affirmation, une connexion, et ce quelle que soit l’action qu’on entreprend, à quelque niveau que ce soit.
Tout est forcément une bataille dans le capitalisme, parce que celui-ci déshumanise, et cherche qui plus est à bloquer le passage au socialisme, au communisme.
Le capitalisme nous ramène en arrière et nous bloque l’avenir !
Il faut donc tout voir dialectiquement, et assumer la Guerre Populaire, que ce soit dans le cadre le plus direct de l’affrontement de classe, pour faire vivre un couple, établir un rapport correct aux animaux, assumer que les femmes sont la moitié du ciel, savoir apprécier la culture et la développer, épanouir sa personnalité…