Alexandre Deïneka, La défense de Petrograd, 1928

Alexandre Deïneka, La défense de Petrograd, 1928

AGNOSTICISME (du grec (Les termes grecs ne sont pas reproduits ici)] − inconnaissable). Théorie idéaliste affirmant que le monde est inconnaissable, la raison humaine limitée et incapable de rien connaître au-delà des sensations. Elaboré au XVIIIe siècle par Hume (V.) et par Kant (V.). L’agnosticisme atteint son plein développement dans la seconde moitié du XIXe siècle et à l’époque de l’impérialisme.

Dans son livre « Matérialisme et empiriocriticisme » (V.), Lénine a clairement montré l’opposition irréductible du matérialisme à l’agnosticisme. Il y a dénoncé la nature réactionnaire du machisme, l’une des plus virulentes expressions de l’agnosticisme, et battu ses émules à plate couture.

Parlant des deux tendances en philosophie, Lénine écrit : « Il y a d’abord celle qui considère que les sens nous donnent une reproduction fidèle des choses, que nous connaissons ces choses mêmes, que le monde extérieur agit sur nos organes des sens. Tel est le matérialisme que l’agnostique répudie. Quel est donc le fond de la tendance de ce dernier ? C’est qu’il ne va pas au-delà des sensations ; qu’il s’arrête en deçà des phénomènes, se refusant à voir quoi que ce soit de « certain » au-delà des sensations. Nous ne pouvons rien savoir de certain de ces choses mêmes (c’est-à-dire des choses en soi…), telle est la déclaration très précise de l’agnostique. Ainsi, le matérialiste affirme… l’existence des choses en soi et la possibilité de les connaître.

L’agnostique n’admet même pas l’idée des choses en soi et affirme que nous ne pouvons en connaître rien de certain » (« Matérialisme et empiriocriticisme », M. 1952, p. 113). C’était là le point de vue de Hume et de Kant ainsi que de nombreux autres philosophes idéalistes, parmi lesquels Comte (V.) et Spencer (V.).

L’agnosticisme se manifeste sous diverses formes. Alors que Kant reconnaît l’existence objective des « choses en soi » (V.) tout en niant la possibilité de les connaître, Hume et d’autres agnostiques vont jusqu’à nier l’existence objective des choses parce qu’il est impossible, à leur avis, d’en connaître rien de certain.

Dans son livre « Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande » (V.) et dans plusieurs autres ouvrages, Engels a fait une critique approfondie de ces deux points de vue. L’agnosticisme est une des manifestations du scepticisme (V.) en gnoséologie. L’agnostique est un sceptique car il met en doute la possibilité de connaître les « choses en soi », le caractère objectif de la connaissance, l’existence du monde extérieur, etc. L’agnosticisme est largement répandu dans la philosophie bourgeoise contemporaine.

Ce qui le distingue, c’est la renonciation totale à la connaissance scientifique, à la pensée logique ; il prône le mysticisme, l’irrationalisme, etc. L’origine sociale de l’agnosticisme réside dans la tendance des classes exploiteuses à limiter la science, parce que la science véritable soutient tout ce qui est nouveau et se développe, et combat ce qui est périmé et meurt. Les agnostiques cherchent à détourner les travailleurs de la connaissance des lois objectives de la société, lois qui conduisent nécessairement au communisme.

L’activité pratique dans la vie sociale réfute l’agnosticisme. Qu’il s’agisse de la nature ou de la société, la connaissance scientifique s’étend et s’approfondit sans cesse. Il n’y a pas de limites absolues à la connaissance humaine. Il n’y a pas dans la nature de choses inconnaissables. Il y a seulement une différence entre ce qui est déjà connu et ce qui ne l’est pas encore, mais le sera grâce à la science et à la pratique.

AKHOUNDOV Mirza Fatali (1812-1878). Eminent écrivain azerbaïdjanais, philosophe, homme public, propagateur des lumières. Sa conception du monde s’était formée sous l’influence de la pensée sociale russe d’avant-garde et surtout des idées des démocrates révolutionnaires Biélinski (V.), Tchernychevski (V.), Dobrolioubov (V.).

Ses vues philosophiques en firent un matérialiste, un athée. Seule la substance matérielle existe, disait-il. Une, éternelle et infinie, elle est sa propre cause et l’origine de tous les processus et phénomènes de l’univers. La matière est une donnée première, la conscience une donnée seconde.

La nature, ou la matière, existe objectivement, d’elle-même, sans le concours d’une force extérieure. L’espace et le temps sont les attributs (V.) nécessaires de la matière. Dans son article « Réponse au philosophe Hume », il critique la conception idéaliste et subjective de la causalité. La causalité et l’enchaînement causal sont pour lui des catégories objectives existant indépendamment de l’homme et de sa volonté.

C’est en matérialiste également qu’il résout les problèmes de la théorie de la connaissance. Il part de ce principe que le monde et ses lois sont connaissables, ce dont témoigne la science. Les sensations sont la source de la connaissance. Le matérialisme d’Akhoundov était un matérialisme métaphysique.

Sa conception de l’histoire, des phénomènes sociaux, était idéaliste. Akhoundov était athée et combattait l’islamisme. L’humanité a commis, disait-il, une grande erreur d’avoir mélangé la science et la religion.

Fondateur de la dramaturgie et du théâtre azerbaïdjanais, on lui doit également une nouvelle philosophique : « Les étoiles trompées », première œuvre littéraire azerbaïdjanaise en prose. Poète distingué, il étudiait profondément l’œuvre de Lomonossov, de Derjavine, de Gogol et de Pouchkine.

Il appréciait beaucoup la culture et la langue russes. Il estimait que « pour exprimer des idées profondes, la langue russe n’a pas d’égale ». Patriote azerbaïdjanais, il était le champion de l’amitié de tous les peuples. Il luttait pour des relations fraternelles entre les peuples de Transcaucasie.

La principale œuvre philosophique d’Akhoundov est : « Trois lettres du prince indien Kémal-ed-Dovlé au prince persan Djélal-ed-Dovlé, et réponse de ce dernier ».


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