Le verdict a enfin été rendu il y a deux jours dans l’affaire Veviba. Il confirme pleinement l’analyse matérialiste dialectique que le Centre MLM de Belgique avait présenté au moment de son éclatement, en mars 2018 : le capitalisme ne peut ni juger ni condamner ses propres crimes. Les peines de prison avec sursis et les amendes – en grandes partie suspendues – contre les principaux responsables constituent une normalisations judiciaire d’une agression massive contre le vivant et les masses populaires.

Il ne s’agit évidemment pas ici de « disfonctionnements » ni de « manquements », mais d’une pratique courante qui consiste en l’incorporation de déchets animaux dans la chaine alimentaire, la falsification des dates de péremption et la diffusion de viandes impropres à la consommation de la part de bourgeois toujours plus agressifs, toujours plus prêts à tout !

Ces faits sont l’expression directe de la crise générale du capitalisme qui contraint d’intensifier l’exploitation du vivant pour enrayer la chute tendancielle des taux de profits.

Ce qu’il faut bien comprendre ici, c’est que la production alimentaire capitaliste ne vise pas à nourrir, mais à produire de la valeur. Dans ce cadre, lorsque la biosphère devient un obstacle à l’accumulation, elle est sacrifiée.

Les animaux  sont réduits à des unités abstraites de rendement et leur chair devient marchandise avariée recyclée avec un capitalisme qui pourrit tout ce qu’il produit.

Les masses populaires ont été les cibles conscientes de cette fraude : paupérisées par des décennies de politique capitaliste,  contraintes vers des produits carnés transformés à bas prix, elles ont été exposées à des marchandises infâmes que les bourgeois n’aurait bien évidemment jamais tolérée pour leur propre consommation alimentaire.

Il y a là un énorme cynisme, une violence de classe et pas du tout un simple accident sanitaire.

Que fait alors la justice ? Elle individualise, elle suspend, elle relativise. Elle condamne symboliquement plus de 8 années après que les faits se soient produits, sans évidemment remettre en cause la structure criminelle du modèle agro-industriel capitaliste.

Ce jugement révèle une fois encore cette vérité fondamentale : il n’existe pas de justice neutre sous le capitalisme. L’appareil judiciaire fonctionne comme un mécanisme de stabilisation sociale, destiné à contenir l’indignation sociale tout en préservant l’ordre existant.

La défense du vivant et des masses populaires ne passera ni par la régularisation, ni par plus de contrôle, mais par la rupture révolutionnaire avec le capitalisme – par son dépassement. Seule une transformation communiste des rapports de production permettra de reconstruire une relation rationnelle entre l’humanité sortie de la Nature et la biosphère, libérée de la logique du profit de la barbarie capitaliste.

Aussi longtemps que cette rupture ne sera pas engagée, la bourgeoisie pourra se permettre de présenter Veviba comme un scandale isolé, une anomalie, mais pas comme un symbole de la barbarie capitaliste en pleine décadence.

Une fois encore, l’affaire Veviba et son dénouement judiciaire confirment une donnée centrale de la période historique actuelle : la bourgeoisie est incapable de préserver le vivant et son appareil d’Etat est structurellement incapable de sanctionner les crimes issus de l’accumulation capitaliste.

Toute stratégie fondée sur l’illusion d’un capitalisme « régulé », « contrôlé » ou « responsabilisé » est objectivement une impasse. Les scandales alimentaires ne sont en rien des anomalies, mais relèvent des productions « normale » d’un mode de production en décadence qui n’a d’autre choix que d’intégrer la pouriture matérielle et morale dans le cycle économique lui-même.

Il en résulte que la défense de la biosphère ne peut être dissociée de la lutte des classes. Elle exige une orientation révolutionnaire claire, visant l’abolition de la propriété privée des moyen de production agro-industriels, la planification socialiste de l’alimentation et la reconstruction d’un rapport conscient entre l’Humanité et la Nature.

Dans cette perspective, la tâche des forces révolutionnaires est de dénoncer sans relâche les crimes des capitalistes, d’armer idéologiquement les masses populaires contre les fausses « solutions » réformistes de type anarcho-trotskyste et/ou pétébiste, chez qui il n’y a absolument jamais eu la moindre considération pour les animaux, et de lier la question du vivant et de la biosphère à la nécessité historique du communisme.

Le capitalisme à l’agonie produit des monstres. Seule la classe sociale qui a les pieds sur terre et l’esprit ancré dans le réel peut assumer la  tâche historique d’en finir avec cette engeance : la classe ouvrière ! La classe ouvrière doit comprendre sa mission historique : se recomposer et assumer la Révolution, pour le Communisme, pour la Civilisation !

Alors seulement pourra s’ouvrir une ère où la production sera enfin soumise aux besoins réels, au respect du vivant et à la dignité des masses !


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