Notre peuple a le droit d'étudier, de se reposer, et de travailler - Affiche soviétique de 1950

Notre peuple a le droit d’étudier, de se reposer, et de travailler – Affiche soviétique de 1950

VOLONTARISME (lat. voluntas). Variété de l’idéalisme subjectif, le volontarisme nie les lois objectives et la nécessité aussi bien dans la nature que dans la société, il attribue à la volonté humaine un rôle primordial et décisif. Principaux représentants : Schopenhauer (V.), Nietzsche (V.), Hartmann, etc.

Cette tendance prend racine dans les profondeurs du moyen âge. Elle apparaît déjà dans les écrits des « pères de l’Eglise » : Saint-Augustin (354-430) prêtait à la volonté une importance majeure, cumulait le volontarisme avec la doctrine de la prédestination divine ; le philosophe médiéval Duns Scot professait le primat de la volonté sur la raison, de la contingence sur la nécessité et la soumission de l’homme à la volonté divine.

Le caractère réactionnaire du volontarisme s’est donc manifesté dès son origine. Le volontarisme s’accommodait de la doctrine fataliste de la prédestination et de la volonté divine. Dans la philosophie moderne le volontarisme se rattache, comme l’a montré Lénine dans « Matérialisme et empiriocriticisme » (V.), à la doctrine de Kant (V.), de Hume (V.), à la formule kantienne : l’entendement dicte ses lois à la nature.

Le machisme (V.), qui nie les lois objectives de la nature et considère le monde comme la création de la volonté, est un exemple frappant d’ « idéalisme volontariste ».

Pour les populistes, les anarchistes et les « socialistes-révolutionnaires » russes, le volontarisme constituait la base philosophique de théories subjectivistes, pseudo-scientifiques, d’après lesquelles les « fortes personnalités » orienteraient le progrès social.

Chez les néo-kantiens (école de Windelband-Rickert) le volontarisme sert à masquer les contradictions du capitalisme. Le volontarisme de Nietzsche est la justification de la violence des classes dominantes, de l’asservissement et de l’oppression des masses.

Le volontarisme est la philosophie des réactionnaires bellicistes qui s’efforcent à tout prix d’arrêter la marche de l’histoire et de détourner les masses de la lutte révolutionnaire. Le volontarisme est le compagnon de l’aventurisme politique.

Ainsi, la philosophie fasciste allemande considérait la volonté (surtout celle du führer) comme la force déterminante des événements sociaux.

Le matérialisme philosophique marxiste combat le volontarisme. Ce n’est pas la « volonté », ce n’est pas une personnalité éminente qui détermine le cours de l’histoire, ce sont les lois sociales objectives.

La véritable liberté de la volonté humaine, la liberté d’agir n’est possible qu’à condition de s’appuyer sur la connaissance des lois objectives du développement et d’agir non pas à l’encontre des lois, mais en accord avec elles.

La thèse marxiste sur le caractère objectif des lois sociales, qui existent et opèrent indépendamment de la volonté humaine, est entièrement valable pour la société socialiste aussi.

Quand donc certains économistes, philosophes et juristes soviétiques estimaient que l’Etat soviétique pourrait annihiler telles lois économiques et en créer de nouvelles, les abolir et les transformer à volonté, leurs vues étaient profondément erronées et, en somme, d’essence volontariste.

Ils identifiaient les lois économiques objectives et les lois juridiques, promulguées ou annulées par l’Etat. En U.R.S.S., toute l’activité de l’Etat et tout le développement de la société sont déterminés par des lois objectives qui reflètent les processus économiques indépendants de la volonté humaine.

L’interprétation volontariste des lois est dangereuse parce qu’elle empêche de prévoir les événements de la vie économique et d’assurer la direction économique la plus élémentaire.

La politique du Parti communiste de l’Union Soviétique est un puissant levier de l’édification communiste parce qu’elle s’appuie sur les lois économiques objectives du socialisme, parce qu’elle applique ces lois et mobilise les masses en vue de la réalisation des tâches posées par le cours objectif du développement historique. (V. également Liberté et nécessité ; Loi ; Méthode subjective en sociologie.)

VOLTAIRE François-Marie Arouet de (1694-1778). Illustre écrivain et philosophe français du XVIIIe siècle. Un des penseurs qui, grâce à leur âpre critique de l’Eglise et du régime féodal, ont assuré la préparation idéologique de la Révolution bourgeoise française de la fin du XVIIIe siècle.

En philosophie, Voltaire est un adepte de Locke (V.) : il considère que l’expérience est la source de la connaissance, que la substance immatérielle est inconcevable. Mais il ne parviendra pas au matérialisme, et reste un agnosticiste modéré et un déiste.

En opposition avec la doctrine de la révélation divine, il s’efforce de prouver l’existence de Dieu sur une base rationaliste. D’après lui, l’harmonie universelle serait la preuve de l’existence de Dieu.

Il insiste sur l’ « utilité » pratique de la religion : Dieu est nécessaire pour mettre un frein à la populace, pour assurer l’ordre. Cependant Voltaire se dresse contre le catholicisme, les superstitions, les préjugés, le fanatisme.

Tout en critiquant l’absolutisme, il n’en reste pas moins monarchiste (jusque vers 1760) ; plus tard, quand les contradictions entre le tiers état et l’absolutisme s’accentuent, il penche vers la monarchie constitutionnelle et parle même des avantages de la république.

La philosophie de Voltaire est pleine de contradictions : une critique foudroyante du catholicisme et de l’obscurantisme s’allie à la reconnaissance de Dieu et de la nécessité de la religion, la critique de l’absolutisme à la reconnaissance d’un « absolutisme éclairé ».

Marx a dit que, dans le texte, Voltaire prêche l’athéisme, et dans les notes, défend la religion.

Idéologue de la bourgeoisie, il considère l’inégalité comme une loi éternelle et imprescriptible de l’univers. Son mépris de la « populace » traduit le caractère de classe de la philosophie bourgeoise française du XVIIIe siècle.

Brillant propagateur de la philosophie des lumières, il exerça une grande influence sur ses contemporains en tant qu’adversaire du cléricalisme, du catholicisme, de l’autocratie, du régime féodal.

Principaux ouvrages philosophiques : « Lettres philosophiques », « Eléments de la philosophie de Newton », « Dictionnaire philosophique » « Candide ».


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