À bas les coups et les punitions infligées aux enfants dans les familles - A. Fedorov, URSS 1926

À bas les coups et les punitions infligées aux enfants dans les familles – A. Fedorov, URSS 1926

TRANSCENDANTAL ET TRANSCENDANT. Termes employés dans la philosophie idéaliste de Kant (V.).

Transcendantal se rapporte non à l’objet, au contenu, à la matière de la connaissance, mais aux formes a priori de la connaissance, c’est-à-dire antérieures à l’expérience : le temps, l’espace, la causalité, la nécessité et autres catégories et principes de la logique sans lesquels — selon les vues idéalistes de Kant — l’expérience et la connaissance font impossibles.

Aux yeux de Kant tout ce qui dépasse les limites de la connaissance expérimentale est transcendant. Ainsi, les « choses en soi » sont transcendantes. (V. « Chose en soi » et « chose pour nous ».)

TRANSFORMISME (ou théorie évolutionniste). Théorie traitant des modifications subies par les êtres vivants.

Le transformisme enseigne que les nombreuses espèces végétales et animales qui existent de nos jours sont le résultat d’un long processus d’évolution et proviennent d’un nombre restreint d’espèces originelles disparues, qui différaient des espèces actuelles.

Le transformisme lutte contre le principe métaphysique qui affirme l’immutabilité des êtres vivants et nie tout développement dans la nature. Le transformisme a été justifié par la théorie de Darwin (V.).

TRAVAIL. « Le travail est avant tout un processus qui se déroule entre l’homme et la nature, un processus dans lequel l’homme joue lui-même le rôle d’intermédiaire, de régulateur et de contrôleur dans l’échange de matières qui se fait entre lui et la nature » (Marx : « Das Kapital », Erster Band, Buch I, B. 1953, S. 185).

En agissant sur la nature ambiante, l’homme la modifie et se modifie lui-même. En transformant la nature, l’homme réalise ses buts conscients, adapte les objets naturels à ses besoins.

Le processus du travail comprend trois éléments nécessaires : 1° l’action de l’homme qui poursuit certaines fins, c’est-à-dire le travail proprement dit ; 2° l’objet du travail ; 3° les moyens de production à l’aide desquels l’homme exerce son action sur l’objet du travail.

Condition première et fondamentale de la vie humaine, le travail non seulement procure à l’homme des moyens d’existence, mais il créé l’homme lui-même. Grâce au travail, l’homme s’est détaché du règne animal. Un des traits essentiels qui distinguent l’homme de l’animal, c’est que ce dernier se sert de produits naturels tout faits, alors que l’homme contraint la nature à servir les fins qu’il poursuit, la modifie, la soumet à ses besoins.

Dans les différentes formations économiques et sociales, le travail se manifeste sous des formes diverses qui correspondent aux rapports sociaux d’une époque donnée. Dans la commune primitive le travail est collectif et les moyens de production aussi bien que les résultats du travail appartiennent à la collectivité.

Sous ce régime il n’y a pas d’exploitation.

Mais dans cette société, en raison du faible développement des forces productives, l’homme est, dans une grande mesure, esclave des lois aveugles de la nature. Ce qui distingue toutes les formations économiques et sociales antagoniques, c’est que le travail de l’homme devient l’objet d’une exploitation féroce : c’est le travail de l’esclave sous le régime esclavagiste, celui du serf sous le régime féodal, le travail de l’ouvrier dans la société capitaliste.

Avec le capitalisme, l’exploitation atteint son point culminant.

Dans la société bourgeoise, la division du travail prend une forme monstrueuse en enchaînant l’ouvrier à une opération peu compliquée, en le transformant en un ouvrier partiel et, depuis l’avènement du machinisme, en un appendice de la machine.

Sous le capitalisme, le travail mutile et abrutit l’homme physiquement et moralement. Dans la société féodale, la discipline du travail est la discipline du fouet, alors que sous le capitalisme, c’est la discipline imposée par la faim.

Au lieu d’être le premier besoin de la vie, le travail sous le capitalisme est une malédiction pour l’ouvrier, et comme un vampire il suce la moelle de ses os. Seule la révolution socialiste, prolétarienne, délivre l’ouvrier de l’exploitation. Ce n’est qu’avec le socialisme et surtout le communisme que le travail devint vraiment ce qu’il doit être, c’est-à-dire une source de jouissance et d’inspiration créatrice, et non pas seulement un moyen d’existence.

En U.R.S.S., les rapports de production nouveaux, socialistes, ont engendré une conception du travail entièrement nouvelle.

Le travail est devenu une question d’honneur, de gloire, de vaillance et d’héroïsme. Le socialisme est fondé sur le labeur conscient de millions de constructeurs de la société socialiste. Socialisme et travail sont inséparables.

Après avoir réalisé un type supérieur d’organisation sociale du travail par rapport au capitalisme, le peuple soviétique, dirigé par le parti communiste, a créé une nouvelle discipline du travail, libre et consciente, qui a pour fondement le labeur humain délivré de toute exploitation : chaque citoyen travaille pour lui-même, pour la société socialiste et non pour le capitaliste ou le propriétaire foncier.

« Le travail en U.R.S.S. est pour tout citoyen apte au travail un devoir et une question d’honneur, selon le principe : « celui qui ne travaille pas ne doit pas manger » (« Constitution de l’U.R.S.S. »).

Le socialisme a pour principe la répartition des biens matériels selon le travail fourni. Cela signifie que le travail sous le socialisme est le critère suprême dans l’appréciation de l’activité de chaque membre de la société socialiste ; chacun reçoit une quantité de produits conforme à la quantité et à la qualité du travail fourni.

Le contrôle de la société socialiste sur la mesure du travail et la mesure de la consommation signifie que la part du travailleur dans le produit collectif dépend de sa participation au travail social, de la quantité et de la qualité du travail fourni.

La transition du socialisme au communisme implique un travail hautement productif, capable d’assurer l’abondance des articles de consommation. C’est alors que la société pourra abolir l’ancienne estimation d’après la quantité et la qualité du travail fourni et inscrire sur ses drapeaux : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »

Dans la société communiste, la quantité de travail sera évaluée directement par le temps (les heures) employé et non plus par l’intermédiaire de la valeur et de ses formes.

« Le travail communiste, au sens le plus étroit, le plus strict du mot, c’est le travail fourni gratuitement au profit de la société… c’est un travail volontaire fourni en dehors de toute norme, sans attendre une rémunération, sans convenir d’une récompense, un travail conditionné par l’habitude de travailler pour la collectivité et par le sentiment (devenu habitude) de la nécessité de travailler au profit de la collectivité, — un travail répondant à un besoin de l’organisme sain » (Lénine : Œuvres choisies en deux volumes, t. II, 2e partie, M. 1954, p. 343).

Sous le communisme, le travail sera le premier besoin vital des hommes et deviendra une jouissance au lieu d’être un lourd fardeau, comme c’est le cas en régime capitaliste. Le progrès culturel de la société, une des conditions nécessaires pour passer du socialisme au communisme, assurera à tous les membres le développement complet de leurs aptitudes physiques et intellectuelles, la possibilité de choisir librement une profession au lieu d’être enchaînés pour la vie entière à un métier.

Pour atteindre ce but, des changements importants dans les conditions du travail sont indispensables. Aussitôt que les prémisses matérielles objectives le permettront, il faudra réduire la journée de travail, instituer l’enseignement polytechnique général et obligatoire, améliorer radicalement les conditions d’habitat, élever sensiblement les salaires réels des ouvriers et des employés, etc.

TRIADE. Dans la philosophie de Hegel (V.), schéma du développement. Selon Hegel, tout processus passe par trois degrés.

Le premier, la thèse, est nié par le second, l’antithèse ; le second est nié à son tour par le troisième, la synthèse, appelé ainsi parce qui tout en niant le degré précédent, il réunit en soi d’une manière nouvelle des traits inhérents aux deux degrés qui précèdent.

Chez Hegel, la triade est un schéma auquel il adapte artificiellement la réalité. Dühring (V.) et Mikhaïlovski (V.) tentèrent de mettre au compte du marxisme la triade hégélienne.

Quand Marx voulait montrer le caractère inévitable de la victoire du socialisme, il ne procédait pas, selon eux, à une analyse concrète des lois économiques de l’évolution sociale, mais recourait à une triade, c’est-à-dire à un schéma préconçu : la propriété privée capitaliste étant à l’extrême opposé de la propriété collective, celle-ci devra inévitablement l’emporter sur celle-là. En fait, Marx prouvait l’imminence de la victoire du socialisme par l’étude objective des contradictions économiques du capitalisme.

La dialectique marxiste aborde le monde vivant dans toute sa complexité, dans toutes ses contradictions et ses changements, sans l’accommoder artificiellement à des schémas abstraits. La doctrine hégélienne des triades exprime, bien que sous une forme idéaliste, erronée, une transition de l’inférieur au supérieur telle que le degré supérieur garde des traits positifs des degrés inférieurs. Tel est le noyau rationnel de cette doctrine. (V. également Négation de la négation.)

TYPES DE RAPPORTS DE PRODUCTION. L’histoire compte cinq types fondamentaux de rapports de production : la commune primitive, l’esclavage, le féodalisme, le capitalisme, le socialisme. Sous le régime de la commune primitive (V.) les hommes sont impuissants dans leur lutte contre la nature. Ils n’ont à leur disposition que de grossiers outils de pierre, l’arc et la flèche, et sont obligés de travailler en commun, collectivement.

De là la propriété commune des moyens de production et des produits. Il n’y a ni classes ni exploitation. Avec l’apparition des instruments de métal, de la hache de fer et de la charrue avec soc en fer, les tribus nomades passent à la vie sédentaire et s’adonnent à l’agriculture et aux métiers. La croissance de la productivité du travail engendre la propriété privée, l’échange et l’accumulation des richesses entre les mains d’un petit nombre. Les classes surgissent : esclaves et maîtres.

Sous l’esclavage (V.), le maître est le propriétaire des moyens de production et de l’esclave. Le travail des hommes, exempt dans la commune primitive de toute exploitation, est remplacé par celui des esclaves exploités. Plus tard, l’extension de l’esclavage et la situation servile des esclaves aboutissent à la destruction de la force productive fondamentale de la société, la main-d’œuvre.

Les soulèvements des esclaves, ainsi que les coups portés à Rome du dehors, ont provoqué la désagrégation du régime esclavagiste auquel a succédé le régime féodal.

Les rapports de production sous le féodalisme (V.) ont pour base la propriété du seigneur féodal sur les moyens de production et sa propriété partielle sur les travailleurs, les paysans serfs. La grande propriété féodale de la terre coexiste avec la propriété du paysan et de l’artisan sur leurs instruments de production ; c’est la propriété fondée sur le travail personnel de l’artisan et du serf.

Le seigneur féodal préfère le serf, plus intéressé que l’esclave à sa besogne. Le serf paye une redevance en nature, est soumis à diverses corvées, etc., et plus tard, avec le développement de l’économie marchande, il paye une redevance en argent. L’accroissement des forces productives, l’essor du commerce au sein du féodalisme engendrent la manufacture capitaliste, grand atelier où le capitaliste exploite des dizaines et des centaines d’ouvriers-artisans.

L’introduction de machines dans la production transforme la manufacture artisanale en grande industrie et entraîne des modifications radicales dans les rapports de production (V.).

A la domination de la grande propriété terrienne féodale et de la petite propriété se substitue la domination de la grande propriété capitaliste, industrielle et commerciale. La classe des capitalistes qui possède les moyens de production, et les ouvriers salariés privés de moyens de production, exploités par les capitalistes, telles sont les classes fondamentales sous le capitalisme (V.).

Avec le développement du capitalisme ses contradictions s’accentuent de plus en plus. Le caractère social de la production dans la grande industrie entre en contradiction avec la forme privée de l’appropriation.

La concurrence, l’anarchie de la production, l’exploitation impitoyable des ouvriers et de tous les travailleurs, qui sont les principaux consommateurs, tous ces phénomènes inséparables de la domination de la propriété privée capitaliste aboutissent à des crises de surproduction qui détruisent les forces productives et vouent la classe ouvrière au chômage, à la famine et à la misère.

Les contradictions du capitalisme deviennent particulièrement aiguës au stade suprême de son développement, à l’époque de l’impérialisme. Les rapports de production capitalistes cessent de correspondre au caractère des forces productives de la société et s’opposent à elles dans une contradiction irréductible.

La révolution prolétarienne détruit les rapports de production bourgeois et établit des rapports de production socialistes, qui correspondent pleinement aux forces productives en développement, au caractère social de la production.

Sous le socialisme (V.) les rapports de production ont pour base la propriété collective des moyens de production : propriété d’Etat et propriété coopérative kolkhozienne. Les classes exploiteuses et l’exploitation sont supprimées. Les produits sont répartis d’après le travail fourni, selon le principe : « Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger. » (V. Socialisme et communisme.)


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