[Article publié pour la première fois dans Crise n°43]

Il faut dire les choses telles qu’elles sont : avant l’affaire Quentin Deranque, il n’était pas vraiment possible de critiquer Raphaël Arnault. Comme celui-ci se présentait comme quelqu’un d’unitaire et tourné vers la lutte antifasciste, sa crédibilité apparente était immense à gauche de la gauche.

Naturellement, pour tous les révolutionnaires, le type était à vomir. On devinait le bourgeois aimant être bien habillé, appréciant de poser, jouant les porte-paroles d’un mouvement réduit à l’antifascisme afin d’avoir toujours raison.

C’est l’exemple même du type qu’on ne veut pas, qui voit la gauche de la gauche comme l’extrême-droite le fait, sauf que lui trouve ça bien. Odieux, infect, insupportable, ignoble, tels sont les adjectifs qui vous viennent en tête quand on voit ce genre de personnage.

Il est tout à fait logique qu’un bourgeois comme lui, infiltré à gauche de la gauche, ait pu ressortir et faire carrière. La Jeune Garde naît avec des « antifa squads » allant se taper avec des fachos, et lui devient ainsi député. Rien d’étonnant.

Rien de surprenant ainsi à son attitude dans l’affaire Quentin Deranque. Dès le début de l’affaire, la Jeune Garde (et donc Raphaël Arnault) se dédouane de tout par l’intermédiaire de son avocat.

« La Jeune Garde ayant suspendu toutes ses activités dans l’attente de la décision du Conseil d’État, elle ne saurait être tenue responsable des tragiques évènements ayant eu lieu à Lyon le jeudi 12 février 2026.

Une enquête judiciaire est en cours. Si l’Histoire du fascisme repose sur l’idéalisation de la violence et la romantisation de la mort, la tradition antifasciste s’y oppose au nom de l’égalité, de la fraternité et de la vie.

C’est en ce sens que Raphaël Arnault, ancien porte-parole de la Jeune Garde s’est exprimé en réaction au décès de Quentin D.

Me Aïnoha PASCUAL, avocate au bureau de Paris »

Le vendredi 13 février 2026, Raphaël Arnault repartage un message publié sur le réseau social X par le coordinateur de « La France insoumise », Manuel Bompard qui déclarait la chose suivante :

« À la suite d’affrontements violents à Lyon ce jeudi soir, un jeune homme est entre la vie et la mort.

Nos pensées vont à lui et à ses proches. La France insoumise condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique, comme
elle l’a toujours fait.

Contrairement à ce que certains veulent faire croire, à aucun moment Rima Hassan ou les équipes de La France insoumise qui l’accompagnaient pour la conférence organisée à l’IEP de Lyon n’ont eu de contact avec les groupuscules fascistes qui ont tenté de la perturber.

Une enquête est en cours et elle doit établir les circonstances et les responsabilités. Ce climat de violences doit cesser. Personne ne doit perdre sa vie pour ses idées. »

Le lendemain, samedi 14 février 2026, Raphaël Arnault publie son premier message personnel dans lequel il se dissocie clairement des militants « antifas » :

« J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J’adresse mes condoléances à la famille de ce jeune homme et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame »

Avant d’enfoncer le clou, le mardi 17 février, en lâchant ouvertement son propre camarade et assistant parlementaire :

« Comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires.

Dès hier, avant d’apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l’Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat. À l’enquête désormais de déterminer les responsabilités. »

C’est là une attitude typique de bourgeois. Il n’y a aucune loyauté, sans même parler de radicalité. Raphaël Arnault veut s’installer dans le paysage et il n’est pas prêt à se « brûler » pour défendre ses propres amis coûte que coûte, et quand on dit amis, on parle de compagnons de lutte.

Sans doute dira-t-il, voire pense-t-il qu’il pourra ainsi leur rendre davantage service ensuite. C’est là le machiavélisme caractéristique des opportunistes, qui cherchent à justifier auprès d’eux-mêmes leurs attitudes qui n’ont d’autre sens que celui de l’accumulation de privilèges bourgeois.


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