Il faut dire les choses très simplement. Si la superpuissance impérialiste américaine et Israël ont attaqué l’Iran, c’est pour empêcher que le changement de régime en Iran ne se passe par en bas.
Une révolution populaire en Iran bouleverserait le monde. Elle montrerait que les masses sont en mesure de se mettre en mouvement, que les forces de police et l’armée peuvent être débordées, que l’appareil d’État peut être brisé.
Bien sûr, une telle révolution populaire ne saurait aboutir au pouvoir populaire en l’absence de parti d’avant-garde guidant le processus. Ceux qui prendraient le pouvoir, ce seraient les grands propriétaires, les grands capitalistes, les serviteurs des pays occidentaux.
Néanmoins, rien que la possibilité d’un soulèvement généralisé reste un cauchemar pour le capitalisme mondial.
Qui doute de cela peut constater que la superpuissance impérialiste américaine n’a eu de cesse de discuter avec le régime iranien, de lui accorder une légitimité en cherchant à négocier avec lui. Et cela y compris après la répression sanglante du soulèvement de janvier 2026.
La superpuissance impérialiste américaine préférerait la voie vénézuélienne, avec une capitulation interne, des réformes en profondeur permettant au capital américain de s’approprier massivement les richesses.
Si on comprend cela, alors on s’aperçoit d’une chose : il est absurde d’appeler à « sauver » le régime iranien. C’est malheureusement ce que font beaucoup de gens s’imaginant antiimpérialistes, tant en Belgique qu’en France.
Dans la plupart des cas, ils n’apprécient pas le régime iranien, mais ils lui accordent une valeur « anti-impérialiste », comme si le pays flottait au-dessus du capitalisme. Dans d’autres cas, ils s’imaginent même que c’est une force « anti-occidentale » et ainsi qu’il aurait un rôle historique positif.
C’est bien entendu faux et criminel. Le régime iranien doit être renversé et si, évidemment, il faut rejeter l’intervention américano-israélienne, l’aspect principal n’est pas de dire « bas les pattes de l’Iran », mais bien : vive la révolution iranienne !
Ce qui se joue véritablement, c’est la question de savoir en qui on croit. Croit-on en les masses mondiales, donc en les masses iraniennes ? Ou bien croit-on à la géopolitique, aux rapports internationaux, aux réformes, au « bon gouvernement » ?
Si on croit en les masses, alors on ne peut que considérer le régime iranien comme son ennemi, tout comme évidemment la superpuissance impérialiste américaine est une ennemie, tout comme l’expansionnisme israélien fondé sur le sionisme est un ennemi.
Alors, on peut affirmer la révolution iranienne.
Si, par contre, on croit au « bon gouvernement », en les « rapports internationaux », alors on met le peuple de côté et on cherche des choses censées être positives dans le régime iranien, ou dans une « défense » du régime iranien contre les États-Unis.
Alors, on ne peut que trahir la révolution iranienne.
Il en va de l’intervention américano-israélienne comme des provocations fascistes : ce sont des phénomènes qui visent à tout changer pour que rien ne change. Ce sont des tentatives de manipuler le cours de l’Histoire, de faire en sorte que le mouvement soit en cercle et qu’on retourne au point de départ.
Le régime iranien dénonce les révolutionnaires en disant : ce sont des agents de la CIA et du Mossad. Les Américains et les Israéliens dénoncent ceux qui refusent la guerre en disant : ce sont des agents des mollahs.
C’est un piège, mis en place dans une sinistre collusion, qui vise à produire un affrontement où les masses sont mobilisées, toujours cependant de telle manière que, quoi qu’on fasse, on se détourne du peuple et de ses intérêts.
Les capitalistes jouant aux impérialistes, les capitalistes bureaucratiques jouant aux expansionnistes… ne sauraient toutefois déterminer le cours réel de l’Histoire. Ce sont les masses qui font l’Histoire – et il faut le Parti de la révolution, le Parti du maoïsme, le Parti du matérialisme dialectique pour les guider.
Il faut soutenir la révolution iranienne ! Elle porte en elle la contradiction explosive entre les intérêts des masses et ceux qui veulent la guerre de repartage du monde !