Avec les machines, les capitalistes se lançaient dans une nouvelle vague de production, et c’est la vie entière qu’ils risquaient de ruiner, aussi la société elle-même mit un frein, comme l’explique Marx :

« La prolongation démesurée du travail quotidien produite par la machine entre des mains capitalistes finit par amener une réaction de la société qui, se sentant menacée jusque dans la racine de sa vie, décrète des limites légales à la journée : dès lors, l’intensification du travail, phénomène que nous avons déjà rencontré, devient prépondérante. »

Pour compenser, les capitalistes renforcèrent l’intensification du travail, en perfectionnant toujours davantage les machines. Cela signifiait toujours plus d’aliénation et d’exploitation pour le travailleur :

« Le moyen de travail converti en automate se dresse devant l’ouvrier, pendant le procès de travail même, sous forme de capital, de travail mort qui domine et pompe sa force vivante. »

Il y eut ainsi des sabotages de machines effectués dans le cadre de révolte ouvrière, les travailleurs ne distinguant pas encore le moyen matériel de production du mode social d’exploitation.

Mais ce n’est pas tout. Si le capitaliste produit, il doit également vendre, et bien évidemment la révolution industrielle a provoqué des goulots d’étranglements. Karl Marx constate ainsi :

« L’expansibilité immense et intermittente du système de fabrique jointe à sa dépendance du marché universel enfante nécessairement une production fiévreuse suivie d’un encombrement des marchés, dont la contraction amène la paralysie.

La vie de l’industrie se transforme ainsi en série de périodes d’activité moyenne, de prospérité, de surproduction, de crise et de stagnation. »

Cela signifiait que les capitalistes en pleine concurrence baissaient toujours davantage les salaires, condamnant à un dénuement le plus complet les travailleurs, sans parler des conditions de travail, totalement abjects.

Cet écrasement physique et mental de l’être humain fait face à la collectivisation du travail par la fabrique, ainsi donc dialectiquement l’être humain se réaffirmant dans sa nature, et non plus comme dépendance de l’automate, profite de ce passage historique par l’étape de la fabrique.

Ce qui fait dire à Marx que l’éducation de l’avenir

« unira pour tous les enfants d’un certain âge le travail productif avec l’instruction et la gymnastique, et cela non seulement comme méthode d’accroître la production sociale, mais comme la seule et unique méthode de produire des hommes complets. »

De la même manière, Marx constate que la technologie devra être comprise par les masses :

« Si la législation de la fabrique, première concession arrachée de haute lutte au capital, s’est vue contrainte de combiner l’instruction élémentaire, si misérable qu’elle soit, avec le travail industriel, la conquête inévitable du pouvoir politique par la classe ouvrière va introduire l’enseignement de la technologie, pratique et théorique, dans les écoles du peuple. »

Le socialisme est le mode de production exigée par les masses qui sont exploitées par le capitalisme, et aliéné par des méthodes qui lui sont insupportables.

La grande difficulté des révolutions russe et chinoise fut justement qu’il a fallu, inévitablement, assumer le capitalisme embryonnaire et le dépasser de manière la plus organisée possible, dans des pays arriérés économiquement.

Les succès titanesques dans la construction du socialisme sous la direction de Lénine et de Staline en URSS, de Mao Zedong en Chine, ont malheureusement été ébranlés par le révisionnisme, qui a su profiter des difficultés.

Cependant, on ne peut pas arrêter la roue de l’histoire ; le capitalisme obéit à des lois dont les conséquences sont inéluctables.

Pour cette raison, les quatre autres dossiers traitant de l’œuvre magistrale de Karl Marx, Le capital, traiteront du rôle de l’argent, de l’accumulation du capital, de la circulation du capital, et enfin de la loi de la baisse tendancielle du taux de profit.


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