L’architecture soviétique de l’époque socialiste fut dénoncée tout d’abord dans la conférence de la construction au niveau de l’Union en novembre 1954, avec Nikita Khrouchtchev en personne accompagné de la tête du Parti Communiste d’Union Soviétique et du gouvernement, puis en deux temps avec d’abord un décret du Comité Central du Parti Communiste d’Union Soviétique le 4 novembre 1955, et ensuite le second congrès de la construction au niveau de l’Union, qui se tint du 26 novembre au 3 décembre 1955.

On lit dans le décret, intitulé « Sur l’élimination des excès dans la conception et la construction », qu’il y aurait une nouvelle perspective en cours, que bien entendu Khrouchtchev est censé refléter. Il s’agit en fait ici d’une bourgeoisie arrivée au pouvoir et en phase de restauration généralisée du capitalisme, cherchant pour cette raison à développer les forces productives d’une manière bien particulière.

« D’énormes travaux sont en cours dans notre pays pour la construction et la reconstruction de villes, de villages et d’entreprises industrielles. La construction agricole est réalisée à grande échelle, en particulier dans les zones où des terres vierges et en jachère sont en cours d’aménagement. De nombreux bons bâtiments résidentiels économiques et des bâtiments publics avec une disposition pratique ont été construits.

Ces dernières années, des méthodes de construction industrielle ont été développées en utilisant des structures préfabriquées, des pièces et des matériaux de construction efficaces, et une technologie de pointe de production de bâtiments est de plus en plus introduite. De nombreuses organisations de conception et de construction utilisent des conceptions standard dans la construction, ce qui permet d’accélérer la construction et de réduire son coût.

Récemment, le Parti au gouvernement a pris un certain nombre de mesures visant à améliorer radicalement l’industrie de la construction. Un personnel qualifié d’ouvriers, d’ingénieurs et d’architectes a été formé, qui comprend correctement leurs tâches de construction de bâtiments et de structures économiques répondant aux exigences modernes, et d’introduction de structures industrielles et de méthodes de travail progressives dans la construction. »

Seulement voilà, il y a des obstacles au succès :

« Nos succès en la matière auraient été plus significatifs s’ils n’avaient pas été entravés par les lacunes et les erreurs majeures existantes dans la conception et la construction. »

Et le décret de dénoncer tout ce qui serait nuisible, inutile, un gâchis, à savoir les principes de l’architecture soviétique de l’époque socialiste, qui empêcheraient le pays de se développer réellement sur le plan des constructions.

C’est une liquidation idéologique correspondant à la mise en place d’une nouvelle perspective productive, servant directement la bourgeoisie prenant le pouvoir en URSS.

On lit ainsi :

« Le Comité central du PCUS et le Conseil des ministres de l’URSS notent que dans le travail de nombreux architectes et organisations de design, le côté ostentatoire extérieur de l’architecture, rempli de grands excès, s’est répandu, ce qui correspond à la ligne du Parti et le gouvernement dans le domaine de l’architecture et de la construction.

Emportés par le côté ostentatoire, de nombreux architectes s’occupent principalement de décorer les façades des bâtiments, ne travaillent pas à l’amélioration de l’aménagement intérieur et de l’équipement des bâtiments résidentiels et des appartements, négligent la nécessité de créer des équipements pour la population, les exigences de la l’économie et le fonctionnement normal des bâtiments.

Les superstructures de tour injustifiées, les nombreuses colonnades et portiques décoratifs et autres excès architecturaux empruntés au passé sont devenus un phénomène de masse dans la construction de bâtiments résidentiels et publics, à la suite de quoi, ces dernières années, de nombreux fonds publics ont été dépensés en trop pour la construction de logements , qui aurait pu être utilisé pour construire plus d’un million de mètres carrés d’espace de vie pour les travailleurs. »

Suivent alors plusieurs pages de dénonciation de tel ou tel architecte « ostentatoire », puis des mesures de réorganisation des postes de direction.

L’URSS devenue social-impérialiste se précipita alors dans le modernisme architectural pour les bâtiments majeurs et la construction de blocs d’habitations en masse sans personnalité et à la marge des centres-villes de l’autre, les « Khrouchtchevka ». La partie construite du Palais des Soviets fut démantelée et une immense piscine mise en place.

L’attaque révisionniste contre l’architecture soviétique correspondait à l’attaque contre le réalisme socialiste en général, et le matérialisme dialectique.


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