LOGISTIQUE. Déformation, idéaliste et métaphysique, de la logique mathématique, largement répandue dans la philosophie bourgeoise actuelle. La logique mathématique (ou symbolique) a pour objet l’étude des opérations mathématiques, des règles du calcul. C’est une application des méthodes mathématiques au domaine de la logique formelle, une extension des recherches de la logique formelle au-delà des syllogismes traditionnels (aristotéliciens).

La logique mathématique remplace les mots désignant les termes logiques, les différentes copules et opérations (transformation, déduction) par des signes symboliques et des formules constituées à l’aide de ces signes. Ce procédé permet de résoudre des problèmes de la logique formelle plus complexes et plus généraux que ceux de la logique traditionnelle.

La logique mathématique n’est pas en contradiction avec la logique habituelle, élémentaire, elle l’implique nécessairement à sa base. Des travaux de mathématiciens soviétiques ont apporté une précieuse contribution à cette branche du savoir. Quant à la logistique elle dénature et falsifie dans un sens idéaliste et métaphysique les fondements théoriques, les méthodes et les conclusions de la logique mathématique.

La philosophie bourgeoise réactionnaire oppose artificiellement la logique mathématique à la logique formelle traditionnelle et l’utilise en même temps pour combattre la logique dialectique. La logistique s’en tient à un formalisme extrême. C’est une logique creuse, sans objet, détachée de la réalité de l’expérience, de la pratique, de la vérité objective.

Elle considère la logique comme un ensemble de règles conventionnelles et de combinaisons arbitraires de symboles qui ne signifient et ne reflètent aucune liaison aucun rapport réels. Selon l’expression de Carnap, l’un des leaders de la logistique, elle « ne prend en considération ni la signification des symboles, ni le sens des formules, mais uniquement et exclusivement les espèces et l’ordre des symboles à partir desquels les formules se construisent ».

Le positivisme logique (V.) est une philosophie réactionnaire qui se sert de la logistique pour « justifier » ses spéculations idéalistes subjectives Alors que le machisme (V.) était centré sur la falsification idéaliste des rapports entre les sensations et la réalité, le néo-machisme le « complète » par la falsification idéaliste des rapports entre les concepts et jugements logiques et la réalité.

La logistique représente donc un instrument de lutte contre le matérialisme scientifique

LOGOS (du grec […] — pensée, concept, mot, raison). Terme philosophique relevé pour la première fois chez Héraclite (V.) qui appelait « logos » la nécessité universelle, la loi de l’être.

Pour les stoïciens (V.) le « logos » est le sort, la raison universelle chez les néo-platoniciens et dans la théologie chrétienne du moyen âge ce terme désigne le créateur, une essence spirituelle mystérieuse, Dieu.

Dans le système de Hegel (V.) le « logos » est le concept, la raison, l’esprit absolu.

LOI. Liaison interne essentielle des phénomènes, qui on détermine le développement régulier nécessaire. Sur ce point deux tendances philosophiques opposées sont en lutte : l’idéalisme subjectif, le volontarisme d’une part et la tendance matérialiste, scientifique de l’autre.

Pour l’idéalisme subjectif (V.), le volontarisme (V.), les lois de la nature et de la société ne sont pas objectives, elles n’existent pas indépendamment de la volonté humaine ; elles sont créées arbitrairement par les hommes.

L’entendement dicte ses lois à la nature, disait Kant (V.). Les philosophes réactionnaires actuels s’appliquent à démontrer que le chaos règne dans la nature et la société, que seule la volonté humaine peut y mettre de l’ordre. Afin de dissimuler aux yeux des masses laborieuses les lois qui déterminent le remplacement inéluctable du capitalisme par le socialisme, ils nient les lois objectives du développement de la société, intoxiquent la conscience des masses par des conceptions idéalistes.

Lénine met en lumière l’objectif de classe de cette négation : « Expulser les lois de la science, n’est rien d’autre en fait qu’introduire les lois de la religion » (Œuvres, t. 20. éd. russe, p. 182).

Contrairement à l’idéalisme, le marxisme part de ce principe que les lois de la nature et de la société sont objectives, que la nature et la société se développent d’après leurs propres lois qui existent indépendamment de la volonté et de la conscience des hommes. « L’univers est un mouvement de la matière, régi par des lois, et notre connaissance, produit supérieur de la nature, ne peut que refléter ces lois » (Lénine : « Matérialisme et empiriocriticisme » M. 1952, p. 188).

Dans « Les problèmes économiques du socialisme en U.R.S.S. » (V.) Staline critique l’interprétation subjectiviste des lois économiques du socialisme, qui avait cours parmi certains économistes et philosophes soviétiques « Le marxisme conçoit les lois de la science, — qu’il s’agisse des lois de la nature ou des lois de l’économie politique, — comme le reflet des processus objectifs qui s’opèrent indépendamment de la volonté humaine.

Ces lois, on peut les découvrir, les connaître, les étudier, en tenir compte dans ses actes, les exploiter dans l’intérêt de la société, mais on ne peut les modifier ou les abolir. A plus forte raison ne peut-on former ou créer de nouvelles lois de la science » (M. 1953, p. 4). L’hérédité des plantes, par exemple, se forme sous l’influence du milieu dans lequel elles vivent.

C’est une loi objective que l’on ne saurait modifier ou abolir. Les hommes peuvent découvrir cette loi et, s’appuyant sur elle, adapter le développement des plantes à leurs besoins. En créant des conditions objectives déterminées, les mitchouriniens (V. Mitchourine) réussissent à modifier les plantes, à obtenir de meilleures espèces, etc.

Il en est de même pour la vie sociale où des lois objectives agissent indépendamment de la conscience humaine. Ainsi les hommes ne peuvent instaurer à volonté tel ou tel régime social. Le marxisme prouve que le mode de production des biens matériels (V.) constitue la force principale de la société, et qu’un régime social déterminé correspond nécessairement à un mode de production donné.

Le socialisme était inconcevable au moyen âge ou au XVIIIe siècle car il implique une production hautement évoluée.

Les désirs des hommes ne suffisent donc pas à établir tel ou tel régime social, il faut pour cela des conditions objectives déterminées et, en premier lieu, des conditions de vie matérielle, un certain niveau du développement des forces productives.

Dans la période de construction du socialisme en U.R.S.S., le parti communiste disait au peuple que sans l’industrialisation du pays, sans une puissante industrie lourde, il était impossible d’édifier le socialisme, de constituer la base technique indispensable.

Aujourd’hui également, à l’époque d’achèvement de la construction du socialisme et de transition graduelle du socialisme au communisme, le parti enseigne que seul le maintien du développement prioritaire de l’industrie lourde permet d’assurer un progrès rapide de toutes les autres branches de l’économie.

Tout en démontrant le caractère objectif des lois de la nature et de la société, le marxisme ne réduit nullement le rôle de l’activité consciente du parti, des classes, des individus. Les hommes ne sont pas impuissants devant les lois comme veulent le faire croire les adversaires et les vulgarisateurs du marxisme.

Le marxisme n’a absolument pas le fétichisme des lois. Les hommes sont esclaves de la nature tant qu’ils ignorent ses lois, mais dès qu’ils apprennent à les connaître, à agir en conformité avec elles, ils mettent la nature au service de leurs intérêts ; en acquérant la connaissance des lois de la nature, en en tenant compte et en s’appuyant sur elles, ils peuvent limiter la sphère de leur action, imprimer aux forces destructives de la nature une autre direction, les mettre au service de la société.

La force des eaux a été destructive tant que les hommes avaient peu de connaissances, tant qu’ils ne savaient pas construire des barrages, des stations hydrauliques, etc. Mais ayant acquis la connaissance des lois naturelles appropriées, les hommes ont pu maîtriser la force destructive des eaux, la faire servir à leurs besoins, l’utiliser pour irriguer les champs, pour obtenir de l’énergie électrique, etc.

Toute l’activité du Parti communiste de l’Union Soviétique est un exemple d’utilisation des lois objectives dans l’intérêt de la société.

S’appuyant sur les lois économiques objectives, notamment sur la loi de correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives (V.), le parti a préparé et organisé les masses ouvrières et paysannes de Russie pour l’assaut contre le régime suranné des bourgeois et des propriétaires fonciers.

La Grande Révolution socialiste d’Octobre a triomphé parce que le parti communiste a su mettre à profit les lois objectives qui nécessitaient l’abolition du régime périmé qui entravait le développement des forces productives et son remplacement par un régime nouveau, socialiste.

La révolution accomplie, la classe ouvrière de Russie, guidée par le parti communiste, a fait concorder les rapports de production avec le caractère des forces productives, elle a créé une industrie socialiste et aidé la paysannerie à s’engager dans la voie du socialisme.

Si le régime capitaliste subsiste encore dans les pays bourgeois, cela tient au fait qu’il ne s’est pas encore trouvé, dans ces pays, une force sociale, comme l’alliance réalisée en Russie entre la classe ouvrière et la paysannerie qui ait pu faire aboutir les exigences de la loi objective de correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives, et vaincre la résistance que les classes exploiteuses opposent à celte loi.

A la différence de la nature où la découverte et l’application des lois s’effectuent plus ou moins sans obstacle, l’action des lois du développement progressif se heurte, dans la vie sociale, à la résistance des classes déclinantes. Cherchant à prolonger leur existence, ces dernières répriment les forces avancées, les empêchent de réaliser les exigences des lois objectives.

Aussi, dans une société divisée en classes, l’utilisation des lois économiques a-t-elle des mobiles de classes ; c’est la classe avancée qui est à l’avant-garde de l’utilisation de ces lois dans l’intérêt de toute la société, tandis que les classes agonisantes s’y opposent.

A l’époque où elle était une classe avancée en lutte contre le féodalisme, la bourgeoisie a mis à profit la loi de correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives.

Classe aujourd’hui réactionnaire, elle se sert de son pouvoir politique pour lutter contre le prolétariat, classe la plus avancée et la plus révolutionnaire.

Mais les classes déclinantes ont beau s’opposer aux lois objectives et aux forces sociales qui luttent pour les réaliser, la victoire des classes d’avant-garde est inéluctable.

A la différence des lois de la nature, les lois sociales ne sont pas durables. Tout mode de production a ses lois spécifiques, lois qui agissent tant que ce mode de production existe. Lorsqu’il est détruit et qu’un mode de production nouveau a surgi, les anciennes lois perdent leur force et quittent la scène pour céder la place à de nouvelles lois.

C’est ainsi qu’avec le triomphe du socialisme en U.R.S.S. ont cessé de jouer la loi de concurrence et d’anarchie de la production, la loi générale de l’accumulation capitaliste, la loi de la plus-value, etc. De nouvelles lois sont entrées en vigueur : la loi économique fondamentale du socialisme, la loi du développement harmonieux (proportionnel) de l’économie nationale, etc.

Outre les lois économiques spécifiques qui opèrent dans le cadre d’un mode de production déterminé, il existe des lois économiques générales, propres à toutes les formations économiques et sociales. Ainsi la loi de correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives est une loi générale.

Une autre loi générale, agissant aussi bien dans un régime capitaliste que dans un régime socialiste, c’est la loi du développement prioritaire de la production des moyens de production par rapport à la production des objets de consommation, sans quoi la reproduction élargie est impossible.

Sous l’action des lois économiques spécifiques et générales, les conditions objectives qui rendent nécessaires la liquidation d’une vieille formation et la naissance d’une société nouvelle, plus progressive, viennent à maturité au sein même des anciennes formations Les lois générales relient toutes ces formations en un processus régulier unique progressant de l’inférieur au supérieur.

La théorie marxiste des lois est d’une importance capitale pour l’activité pratique du parti communiste. La connaissance des lois sociales permet au parti non seulement de comprendre le présent mais aussi de prévoir l’avenir, de donner à sa politique une base scientifique inébranlable, de guider avec assurance les masses travailleuses dans la voie du communisme.

Le parti communiste est hostile aux conceptions opportunistes de la spontanéité, de l’action automatique des lois du développement, etc. qui réduisent le rôle des hommes à une contemplation passive des événements.

Ces vues sont particulièrement dangereuses sous le socialisme où l’essor économique s’effectue non de façon spontanée, comme sous le capitalisme, mais d’après un plan établi par les organismes dirigeants conformément aux exigences de la loi économique objective du développement harmonieux de l’économie nationale.

Pour mener à bien la planification, il faut étudier à fond cette loi, apprendre à l’appliquer en connaissance de cause, dresser des plans pleinement conformes aux exigences de cette loi.

En s’appuyant sur les lois économiques du socialisme, le parti communiste conduit avec assurance le peuple soviétique vers le communisme (V. également Socialisme et communisme.)


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