LESSING Gotthold Ephraïm (1729-1781). Propagateur éminent de la « philosophie des lumières » en Allemagne et en Europe, esthéticien, publiciste et dramaturge. Démocrate, adversaire du régime féodal et de son idéologie, Lessing, en esthétique et philosophie, se présente comme un théoricien du réalisme bourgeois révolutionnaire du XVIIIe siècle.

Dans ses œuvres philosophiques, il flagelle le piétisme et défend la tolérance religieuse et les droits de la libre Raison. Interprète du mouvement libéral de la bourgeoisie allemande, faible et peu développé à cette époque, Lessing reste, dans l’ensemble, idéaliste. Sa critique du régime féodal ne revêt pas un caractère révolutionnaire.

Ses ouvrages les plus connus sont : « Laocoon » (1766) et « Dramaturgie de Hambourg » (1767-1709). Lessing y fait une critique fine et probante du classicisme aristocratique du XVIIe siècle, détaché de la vie du peuple. Il fut un des premiers en Allemagne à proclamer l’œuvre de Shakespeare, modèle de réalisme, d’inspiration populaire.

Son idéal était un art héroïque comme celui de la Grèce et de la Rome antiques. C’est dans cet esprit que Lessing voulait apporter une révolution dans le théâtre allemand et la littérature. Les vues esthétiques de Lessing ne dépassent pas le cadre de l’idéologie bourgeoise du XVIIIe siècle.

Il puise ses images idéales dans un passé lointain. Grâce à leur portée sociale, à leur style prime-sautier, à leur réalisme hardi dirigé contre l’absolutisme, les pièces de Lessing « Miss Sarah Sampson », « Minna de Barnhelm », « Emilia Galotti » et « Nathan le Sage » ont fait époque dans la littérature allemande du XVIIIe siècle.

Mais ses œuvres restent des « drames bourgeois », genre dont Lessing tente en vain de surmonter l’étroitesse (éléments d’esprit héroïque dans « Emilia Galotti », tentative de créer le drame philosophique dans « Nathan le Sage »). Les forces progressives du peuple allemand apprécient hautement le rôle historique de Lessing, écrivain de talent et penseur hardi.

LIBERTE ET NECESSITE. Catégories philosophiques mettant en lumière la corrélation entre les lois objectives de la nature et de la société et l’activité humaine. Les métaphysiciens opposent la liberté à la nécessité comme des notions qui s’excluent réciproquement. Les uns prétendent que la volonté des hommes est absolument libre, c’est-à-dire que rien ne la conditionne.

D’autres rejettent le libre arbitre, pour eux la nécessité absolue existe seule. Ou libre arbitre, ou nécessité, voilà le point de vue des métaphysiciens. Ceux qui considèrent la volonté humaine comme absolument libre et indépendante de toute cause, nient l’existence des lois objectives de la nature et de la société. Une pareille conception de la liberté est antiscientifique, elle conduit au volontarisme (V.).

Par exemple, les populistes russes estimaient que le cours de l’histoire dépend uniquement de la volonté de personnalités éminentes ; que le développement de la société humaine est guidé exclusivement par les désirs et la volonté de l’homme.

La théorie qui ne reconnaît que la nécessité absolue et qui nie complètement la liberté de l’action humaine, est tout aussi contraire à la science. C’est ce qu’on appelle le fatalisme (V.) : l’activité de l’homme se réduit à néant, elle n’est qu’une conséquence de lois qui ne dépendent pas de lui.

Le marxisme-léninisme rejette aussi bien l’une que l’autre de ces deux conceptions de la liberté et de la nécessité, les considérant comme erronées et nocives. Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique envisagent la liberté et la nécessité dans leur corrélation.

La liberté ne réside pas dans une indépendance imaginaire vis-à-vis des lois de la nature, elle consiste à connaître ces lois, à pouvoir s’en servir dans l’activité pratique : « … tant que nous ignorons une loi de la nature, cette loi, existant et agissant à l’insu, en dehors de notre connaissance, fait de nous les esclaves de la « nécessité aveugle ».

Dès que nous la connaissons, cette loi, agissant (comme l’a répété Marx des milliers de fois) indépendamment de notre volonté et de notre conscience, nous’ rend maîtres de la nature » (Lénine : « Matérialisme et empiriocriticisme » M. 1952, p. 215).

La nécessité, le déterminisme dans la nature est une donnée première, tandis que la volonté et la conscience de l’homme sont des données secondes. Tant que l’homme n’a pas la connaissance de la nécessité, il agit aveuglément, inconsciemment.

Dès qu’il la connaît, il s’en rend maître et s’en sert pour le bien de la société. Ainsi, l’activité libre n’est possible que si elle est fondée sur la connaissance de la nécessité. La liberté, c’est la nécessité connue.

Suivant la conception marxiste, la liberté est le produit du développement historique de la société. A l’aube de son histoire, l’homme était l’esclave de la nature. Par la suite, en pénétrant les lois objectives de la nature et en transformant la nature, il s’affranchit peu à peu de cet esclavage. Mais, très tôt, à l’esclavage naturel vint s’ajouter l’esclavage social.

A mesure que se développait la propriété privée et que se tonnait la société de classes, les hommes devenaient les esclaves de leurs propres rapports sociaux. L’oppression de classe a atteint son apogée dans la société capitaliste. La révolution socialiste affranchit les hommes de toute oppression sociale. Les rapports sociaux cessent de dominer les hommes et d’être une force hostile et étrangère.

La thèse marxiste selon laquelle les hommes deviennent les maîtres de leurs rapports sociaux ne signifie pas qu’en socialisme les lois objectives disparaissent ; elle signifie que les hommes commencent à les connaître et à savoir les appliquer à l’édification d’une vie nouvelle ; que les hommes sont émancipés de toute oppression sociale grâce à l’abolition du régime capitaliste qui les transforme en esclaves de leurs propres rapports sociaux et les subordonne au jeu des forces aveugles.

La société soviétique fournit un exemple de cette activité humaine libre. La lutte des Soviétiques pour le communisme sous la direction du parti communiste, est un exemple d’activité consciente des hommes qui se sont rendus maîtres des lois du développement social. Le parti communiste, en tant qu’avant-garde des travailleurs, et son rôle dirigeant sont une parfaite
incarnation de l’activité libre des masses populaires, fondée sur la connaissance des lois du développement social.

Le parti oriente le progrès de la société soviétique en plein accord avec les tâches et les besoins historiques pressants ; il mobilise et organise les travailleurs pour l’accomplissement de ces tâches, il est l’âme et le cerveau de toute l’œuvre de transformation révolutionnaire qui est celle du peuple soviétique. Le marxisme-léninisme met à jour les lois objectives du développement de la nature et de la société et permet ainsi aux masses d’agir non plus à l’aveugle, spontanément, mais en connaissance de cause.

Aussi, en régime socialiste, un facteur très important du développement est l’accroissement de la conscience des masses populaires dirigées par le parti communiste. C’est là la force qui accélère les processus historiquement nécessaires de la marche de la société soviétique vers le communisme.

LIBRE ARBITRE. V. Déterminisme et indéterminisme ; Liberté et nécessité.

LIGNE NODALE DES RAPPORTS DE MESURES. V. Mesure.


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