siraj_sikder_7.pngLe régime colonial pakistanais au pouvoir a déclenché sa campagne hivernale qui sera intensifiée et impitoyable dès qu’une large panoplie de régions rurales du Bengale oriental s’assèchera. La campagne se poursuivra jusqu’en juin-juillet 1972.

Le but de la campagne hivernale des fascistes militaires pakistanais est de balayer des villages les guérilleros de l’Armée de Libération nationale dirigée par le Parti prolétarien du Bengale oriental et la force fasciste de « libération » la Ligue Awami, de nettoyer les villages, d’organiser des élections législatives en décembre et de maintenir le système colonial au pouvoir.

Les réactionnaires du laquais des six montagnes, la force fasciste de « libération » de la Ligue Awani est le problème supplémentaire qui a été ajouté au problème de la campagne hivernale des fascistes militaires pakistanais. Ils essayent d’écraser le Parti prolétarien du Bengale oriental et la Force de Libération Nationale qu’il dirige.

Par conséquent, dans le contexte de la campagne hivernale des fascistes militaires pakistanais d’une part et l’attaque des réactionnaires fascistes de Ligue Awani, il faut que nous résolvions le problème de nos moyens de subsistance et de notre développement.

1. Afin de détruire l’Armée de Libération Nationale dirigée par le et Parti prolétarien du Bengale oriental de la Ligue Awani en zone rurale, les fascistes militaires pakistanais vont conduire une campagne d’encerclement et anéantissement, ou de ’recherche et destruction’.

Ils mettront la première en pratique dans ces régions où ils pensent qu’il y a des activités de l’Armée de libération, par exemple la Front Area n°1 la région de Payarabagan du district de Barisal était la Front Area n°1 – note de Sarbaharapath. D’abord, ils encerclent toute la région, établissent un campement principal dans les carrefours importants de sorties de ces régions, imposent un couvre-feu et gèrent une sentinelle 24 heures sur 24 dans la région que couvre chaque campement. Le campement principal communique régulièrement avec la grosse base militaire la plus proche.

Ensuite, ils établissent plusieurs sous campements à l’intérieur de la région encerclée. Ceux-ci sont généralement installés dans les bâtiments scolaires ou les maisons en brique. A partir de ces campements, ils conduisent la campagne de ’recherche et destruction’ dans chaque village sans exception à l’intérieur de cet encerclement et dans les régions environnantes, ils pillent tout, brûlent tout et tuent tout le monde.

Dans certains cas, sous la menace d’un fusil ou avec l’aide des ennemis nationaux, ils utilisent de force des centaines de personnes de régions voisines pour démasquer les guérilleros et pour piller, brûler et tuer. Quelques fois, ils se servent de la différence de religion, de langue ou de nationalités et utilisent une section de la population contre une autre.

Ils poursuivent la campagne jusqu’à ce qu’ils se voit confirmée la démolition des guérilleros ou jusqu’à ce qu’ils (les bandits militaires pakistanais) soient vaincus. Ensuite, ils lèvent l’encerclement et se dispersent.

En règle générale, la campagne de ’recherche et destruction’ est déclenchée de jour, ils détruisent un village après l’autre. L’armée de tueurs se rassemble à un endroit en provenance de différents directions et ils rentrent à la base urbaine après avoir mené un massacre toute la journée durant.

Dans la campagne d’encerclement et ou de ’recherche et destruction’, dans la plupart des cas, les unités de bandits militaires pakistanais avancent en tirant sans but vers les buissons, les champs. Parce qu’ils craignent chaque buisson, chaque champ et chaque maison comme un ennemi et qu’ils ont une peur folle de la possible attaque surprise venant de n’importe quel endroit, leur position est donc facilement susceptible d’être découverte.

Les ennemis nationaux qui ont fui les villes, les ennemis nationaux des régions avoisinantes et leurs agents secrets et publics dans les villages accompagnent les bandits fascistes militaires et leur indiquent le chemin à suivre, effectuent du pillage, des meurtres et des incendies ; gèrent leur abri, leur procurent des renseignements, cherchent pour trouver les guérilleros et aident à attraper les personnes suspectes.

2. Avec des renseignements corrects, les fascistes le la « Force de libération » de la Ligue Awami ont cerné certaines de nos unités, ont désarmé des cadres et les ont tués. A Tangail, ayant été informé par un président (président d’Union Council – Sarbaharapath), ils ont sauvagement tué nos deux guérilleros en découpant leurs corps et en mettant du sel dans leurs blessures. Dans de nombreux endroits, ils ont prononcé la peine de mort contre nos cadres.

Avec la confiance en la simplicité, nous avons recruté certains anciens intellectuels et membres du lumpen prolétariat apparentés à la Ligue Awani et à la « Force de libération » qu’elle dirige dans notre Armée de guérilla et les avons sauvé des fascistes militaires pakistanais. Mais lorsqu’ils sont entrés en contact avec la « Force de libération » revenue d’Inde, ils ont été motivés par elle et ont abandonné le groupe, ont perfidement averti des localisations de nos cadres et unités et ont rejoint la « Force de libération ». Dans certains cas, certains sympathisants intellectuels, bourgeois et féodalistes liés à la Ligue Awami et à la « Force de libération » qu’elle dirige qui ont survécu grâce à notre protection sont devenus des informateurs de la « Force de libération » de retour d’Inde.

Dans certains cas, sous prétexte de pourparlers d’unité, ils ont trahi à la table des pourparlers d’unité, ont arrêté et désarmé nos cadres et leur ont donné la peine de mort. Dans ceci, les gens sont intervenus ; ils nous ont protégé et leur ont demandé de les tuer d’abord avant de nous tuer nous. Effrayés par l’intervention des gens, ils furent contraints de libérer nos cadres. Dans certains cas, nos cadres ont pu s’enfuir.

3. Notre force de guérilleros s’est développée à partir de zéro, ils sont peu nombreux, sont armés de pistolets et de vieux modèles de fusils ; tous les guérilleros ne sont pas armés en raison du manque d’armes, ils n’ont pas l’habitude de combattre les fascistes militaires pakistanais. Ce sont leurs faiblesses. D’un autres côté, leurs points forts sont que leur discipline est de haute qualité, qu’ils mènent une guerre juste dans leur propre pays, qu’ils sont aiguisés grâce à la liquidation de l’ennemi national, qu’ils ont l’habitude des allers et venues nocturnes, qu’ils ont de solides liens avec différentes unités et rangs supérieurs, il y a un parti politique convenable pour guider les guérilleros, grâce à la formation politique, ils sont poussés au sacrifice et sont plus liés aux masses.

Les points forts des fascistes militaires pakistanais est qu’ils ont le pouvoir d’état, des armes modernes, une morale religieuse féodaliste, un système de communication de haut niveau et la difficulté. Mais leurs points faibles sont qu’ils mènent une guerre barbare injuste dans un pays étranger et qu’ils n’ont pas le soutien du peuple. Ils sont peu nombreux et mènent une guerre dans des villages étrangers.

Les points forts des fascistes de la « Force de libération » de la Ligue Awami sont qu’ils ont des armes modernes, des hommes, que l’Inde les aide et les soutient, que les impérialistes les aident et les soutiennent via l’Inde, et qu’ils ont aussi un certain soutien populaire. Leurs points faibles sont qu’ils torturent les gens, qu’ils n’ont aucun dirigeant de parti révolutionnaire pour les guider sur le bon chemin, qu’ils se sont vendus aux six montagnes, qu’ils mènent une guerre contre-progressiste d’intérêt impérialiste pour fonder une colonie indienne et impérialiste, qu’ils ont moins de coordination entre eux, qu’ils entrent en désaccords entre eux et qu’ils ne sont pas proches du peuple.

A la suite de nos faiblesses et de la force de l’ennemi, nous devons mener une guerre défensive et la guerre sera prolongée. A la suite de notre force et de la faiblesse de l’ennemi, nous pouvons contre-encercler les éléments plus faibles de l’ennemi oppresseur et les écraser rapidement. De cette façon, nous nous remettrons peu à peu de notre faiblesse et la faiblesse de l’ennemi augmentera. A la fin, ils seront écrasé par nous.

4. Les fascistes militaires pakistanais, en raison de leur manque d’effectifs, sont contraints de se diviser en unités plus petites (2, 4 ou 6 personnes) dans la campagne d’encerclement et anéantissement ou de ’recherche et destruction’. En conséquence, certaines de leurs plus petites unités s’affaiblissent comparé à l’ensemble.

Etant donné qu’ils n’ont pas l’appui du peuple et que les gens ne coopèrent pas avec eux, ils n’ont pas de renseignements corrects au sujet des positions de la guérilla. Comme ils mènent une guerre dans des régions étrangères, ils ne connaissent pas les routes et les chemins, et par conséquent, ils ont un trou à l’intérieur de leurs unités en marche, et le trou demeure également à l’intérieur de leur encerclement.

Il se peut que nos guérilleros prennent position à l’intérieur du trou de différentes unités des bandits militaires pakistanais, cherchent et suivent l’unité la plus faible, mobilisent certains guérilleros, mènent une attaque surprise contre le gang de bandits dans un endroit opportun et l’écrase. Il se peut que les guérilleros soient déployés pour s’opposer à tout renforcement possible pour secourir l’unité attaquée par d’autres unités voisines. Les guérilleros encercleront complètement les unités de bandits ; feront le net par une fusillade (tir de déblaiement du terrain – Saraharapath), s’assureront qu’aucun bandit n’est en mesure de s’enfuir ; écraseront rapidement les ennemis, prendront les blessés et les prisonniers ; rassembleront les armes et les uniformes et se disperseront. Si possible, nous devons attaquer une autre unité de bandits.

Nos forces doivent être concentrées pour attaquer l’ennemi mobile de cette manière ; nous devons rester cachés jusqu’à ce que l’attaque commence, le cas échéant, nous devons nous mettre à couvert sous des buissons de plantes, de feuilles et nous tenir en embuscade en nous cachant sous la forêt de buissons, de bambou et de bananier et dans les maisons sur le chemin de l’ennemi.

Si à tort, nous attaquons un ennemi plus puissant ou que pour une autre raison, nous ne pouvons pas être en mesure de rapidement les écraser, nous devons rapidement déployer quelques guérilleros pour arrêter l’ennemi par un tir de couverture pendant que la majorité de nos guérilleros se disperseront. Les guérilleros restant se disperseront plus tard. Lorsque les bandits militaires pakistanais campent dans un bâtiment ou sont là en très grand nombre, nous ne les attaquerons pas. Nous ne ferons une attaque en embuscade préparée à l’avance que contre l’ennemi mobile.

Nous attaquerons quand nous seront certains que nous pouvons écraser l’ennemi. Si ce n’est pas possible d’écraser l’ennemi et de s’emparer de ses armes, nous ne gaspillerons pas une seule balle ; c’est-à-dire, nous ne mènerons pas une guerre à perte. Si l’ennemi est complètement écrasé, nous pourrons nous emparer de ses armes et de ses munitions. Nous pourrons amoindrir sa force, briser son moral, augmenter le courage du peuple et des guérilleros ; nous pourrons également devenir plus forts en étant équipés avec les armes de l’ennemi.

Nous devons mettre les principes suivants en pratique :

’L’ennemi avance, nous battons en retraite ; l’ennemi campe, nous harcelons ; l’ennemi fatigue, nous attaquons ; l’ennemi bat en retraite, nous poursuivons’. ’Nous combattons quand nous sommes certains de gagner ; s’il n’y a aucun espoir de gagner, nous battons en retraite ; lorsque l’ennemi veut se battre contre nous, nous ne le ferons pas et même, il ne nous trouvera pas, mais lorsque nous voulons nous battre contre lui, nous nous assurons qu’il ne sera pas en mesure de s’échapper, nous l’attaquons correctement et nous l’écrasons ; quand nous pouvons l’écraser, nous le faisons, quand nous ne pouvons pas le faire, nous ne les laissons pas nous écraser’.

A notre attaque, nous devons ajouter une résistance populaire. Avec l’aide de la population, nous pouvons faire beaucoup de choses comme creuser les routes et en faire des champs, planter du bambou toxique au bord tranchant ou des arbres à noix de bétel sur le chemin de l’ennemi, et les recouvrir pour les camoufler, planter des bâtons toxiques au bord tranchant dans les canaux de genre de ceux à travers lesquels l’ennemi passe, creuser des trous de la taille d’un pied sur la route, planter des bâtons de fer dedans et les recouvrir au niveau de la route pour les camoufler, tendre des embuscades depuis les buissons des villages avec des flèches, des lances et des harpons, faire des pièges à grenade sur le chemin, planter des mines et si possible, dresser des abeilles et en faire des pièges.

Ainsi, la guerre collective des guérilleros et de la population peut infliger d’énormes pertes aux bandits pakistanais. Ce genre de guerre commune concertée peut être menée dans nos zones de base stables et instables qui sont libérées de l’ennemi national si les gens sont de notre côté et l’ennemi n’obtiendra aucun renseignement. Donc, les bandits militaires devront être attirés par la ruse très avant dans les zones libérées et devront être pris au piège dans la mer de guerre concertée du peuple et des guérilleros.

Par conséquent, en dépit de notre manque d’armés, malgré notre quantité et qualité de soldats, si nous mettons en œuvre la méthode de rassemblement de la plupart des guérilleros, de la participation populaire dans la guerre et de la mobilisation des guérilleros qui ont été formés à la politique révolutionnaire et poussés au sacrifice, cela sera bien des fois plus puissant que la plus faible section des bandits pakistanais. Donc, quoique inférieurs au tout, nous sommes supérieurs à la partie. Par conséquent, dans un contexte d’encerclement et anéantissement, nous prenons une position de guerre défensive, tandis qu’en contre-encerclant leur plus faible section et en la détruisant, nous appliquons la stratégie d’attaque dans la défense.

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Lorsque les bandits militaires pakistanais nous attaquerons avec une force énorme, que notre région de guérilla sera plus petite, que la population ne prendra pas part à la guerre, et que la force des différentes unités de bandits militaires pakistanais sera plus élevée que notre capacité d’attaque, nous devrons nous diviser en groupes et nous échapper à travers l’encerclement. Nous devons étendre la guérilla dans les régions ennemies avoisinantes. Si nous avons d’autres régions voisines, nous pouvons nous y installer. Dans les régions ennemies, nous pouvons nous abriter parmi les travailleurs agricoles, les paysans pauvres, les paysans moyens inférieurs, les ouvriers et les sympathisants. Si cela n’est pas possible, nous pouvons nous abriter dans les buissons, les forêts et les vastes étendues vertes.

Nous devrions faire des pré-préparatifs au sujet du lieu vers lequel nous déplacer dans le cas où nous pourrions supporter la campagne encercler-anéantir. Autrement, nous subirons des pertes et des difficultés en nous déplaçant sous la contrainte. Par exemple, le transfert depuis la Front Area No. 1 sous la pression des bandits militaires pakistanais.

Il faut que les guérilleros s’abritent dans la maison des ouvriers agricoles, des paysans pauvres, des paysans moyens inférieurs et des ouvriers (aussi bien dans les régions ennemies que dans les zones libérées), qu’ils recrutent des guérilleros parmi eux, qu’ils fassent la publicité du parti parmi eux et qu’ils poursuivent la campagne de liquidation de l’ennemi national en se reposant entièrement sur eux. Dans les régions ennemies, les activités de la guérilla doivent être exécutées avec initiative, souplesse et but.

Il faut que les différentes unités de guérilleros se voient préciser un endroit, un moyen de contact et des responsabilités. Il faut que chaque unité ait le pouvoir de fonctionner librement dans les régions ennemies en dehors de l’encerclement-anéantissement.

Après que l’encerclement soit levé, la force de guérilla retournera de nouveau à la zone de base.

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas que nous fassions de grosses provisions dans une zone de base instable sur un terrain plat et qu’il faut que nous ne conservions que ce matériel que nous pouvons transporter. Parmi les matériaux saisis, ce qui est vendable doit être vendu et ce qui est distribuable doit être distribué parmi la population.

Dans ces zones de base instables, il faut mettre l’accent au maximum sur la formation d’une force régulière ou d’une force régulière plus puissante sous le leadership du parti. C’est là que réside la clé pour constituer une zone de base. La manière par laquelle nous devons construire la formation armée est de former le groupe de guérilleros réguliers avec les guérilleros recrutés parmi les irréguliers, la section à partir du groupe de guérilleros réguliers et la compagnie en prenant plusieurs sections. Nous devons y développer l’organisation du parti, y gérer le travail politique, la rendre mûre par la guerre, les rendre efficaces dans différents travaux y compris de faire des activités de propagande parmi les masses, en plus de la guerre, de faire la publicité de l’organisation parmi la population, de l’armer, de l’aider à asseoir son autorité politique, de l’organiser dans des organisations de masse. De cette façon, une armée invincible qui est motivée par la politique, associée à la population et guidée sous la direction du parti se développera.

Dans les régions libérées stables et instables, nous devons combiner le travail clandestin et le travail public. Au cas où notre armée et nos cadres publics sont transférés en raison de l’encerclement-anéantissement ou toute autre raison, les cadres clandestins peuvent construire et guider l’organisation du parti, la milice villageoise, le groupe de guérilleros locaux, le comité d’organisation du village, et les autres organisations de masse et garder le contact avec les rangs supérieurs. C’est la raison pour laquelle nous devons construire une organisation de parti dans les zones de base stables et instables. Lorsque le travail du parti sera un peu public, la section principale restera clandestine ; dans la zone ennemie, le travail du parti sera entièrement clandestin. Par conséquent, nous devons créer une situation telle que les nouveaux ennemis nationaux ne puissent nous causer aucun mal par le nouvel encerclement-anéantissement ou que si la Force fasciste de libération la Ligue Awami s’empare de notre zone, nous puissions poursuivre notre travail.

Si les zones sans ennemi national s’élargissent sous notre direction, et qu’une partie de celles-ci tombe sous l’encerclement-anéantissement, nous pouvons nous transférer vers l’autre partie. Lorsque, dans la Front Area No.1, une partie de notre zone libérée fut encerclée par les bandits militaires pakistanais, certaines régions sont restées en dehors de ça. C’est ce que le président Mao a dit, que la condition principale de subsistance des guérilleros en terrain plat est l’expansion des zones de base.

Dès que nous lançons une activité de la guérilla dans une certaine région, nous devons mettre l’accent sur la question de l’expansion. Pendant les activités de la guérilla, des gens venant de très loin proposent une liste d’ennemis nationaux à liquider et sollicitent les guérilleros. Après enquête, les guérilleros accepteront l’appel ; d’abord ils n’iront pas trois loin pendant deux/trois jours, ensuite, ils iront loin pour plus de temps. Ainsi, la guérilla se répandra dans des régions éloignées et les groupes de guérilleros apprendront comment travailler de façon autonome.

Pour les régions depuis lesquelles nous n’avons pas reçu de sollicitation, mais dont nous avons besoin pour propager la guérilla, nous devons envoyer un groupe de courrier ou de cadres. Sa tâche sera d’enquêter sur les ennemis nationaux en travaillant clandestinement parmi les travailleurs agricoles, les paysans pauvres, les paysans moyens inférieurs, les ouvriers et les sympathisants, trouver le moyen d’abriter les guérilleros et recruter parmi la population locale.

Sur base de leur travail, les unités de guérilleros viendront. Ils liquideront l’ennemi national et l’équipe de courriers progressera plus loin. Derrière elle, l’unité de guérilleros suivra, et l’unité organisationnelle suivra l’unité de guérilleros. La tâche de l’unité organisationnelle ou de l’individu sera de développer le parti parmi les travailleurs agricoles, les paysans pauvres, les paysans moyens inférieurs et les ouvriers et faire un cercle d’étude parmi ceux qui veulent rejoindre le parti en provenance de la milice villageoise, du groupe de guérilleros locaux et parmi les intellectuels et les patriotes dans les régions où l’ennemi national a été ou est liquidé.

Il ne faut pas que l’expansion soit sans but ni sans plan. Il faut que le but important de l’expansion soit d’établir un rapport entre les différentes régions, zones de base et zones de front de la guérilla, de progresser en évitant la grosse mobilisation des réactionnaires de la « Force de libération » et de marcher en avant vers des régions appropriées pour la guérilla.

Les rivières et les canaux sont reliés à nos régions de guérilla. Par conséquent, nous devons travailler dans les rivières et dans les canaux parmi les passeurs, les pêcheurs et les habitants des îles fluviales et recruter des guérilleros ou déployer des guérilleros avec bateau pour une guérilla navale dans les rivières. Ils mèneront des activités de guérilla en travaillant comme passeurs ou pêcheurs. Les guérilleros des plaines adjacentes aux rivières et aux canaux seront facilement transférés d’une région à une autre par bateau. Les guérilleros naxals peuvent, de façon autonome ou conjuguée avec la plaine, mener la guérilla dans les îles fluviales, sur les berges des rivières et de canaux et dans les rivières et les canaux. Ils pourront perturber le système de communication de l’ennemi. De cette façon, au Bengale oriental, en particulier dans les plaines, les rivières et les canaux, si la guérilla conjuguée est menée, cela ouvrira la porte à de nouvelles perspectives.

Les guérilleros urbains liquideront ces ennemis nationaux qui s’enfuient des régions rurales et fluviales de guérilla. Comme cela, nous devons combiner le travail urbain avec la guerre révolutionnaire rurale.

5. Dans le cas des réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami, nous devons prendre certaines dispositions particulières.

A l’exception des travailleurs agricoles, des paysans pauvres, des paysans moyens inférieurs, des ouvriers, des membres de la ligue des jeunes et des organisations de masse dirigées par le parti, personne ne devrait être recruté directement vers le parti. Ceux qui, parmi les intellectuels ruraux, les anciens de la ligue Awami, de la « Force libération » et autres patriotes, souhaitent rejoindre le parti, avec une enquête convenable, il faut qu’ils soient d’abord organisés dans un cercle d’étude, puis ils devront travailler parmi les paysans, avoir une formation sur la position du parti et aller en opération avec les guérilleros. Ainsi, ceux qui remplissent les conditions pour rejoindre le parti peuvent être recrutés pour l’Armée de guérilla.

Ceux issus du milieu intellectuel, les Jaminders, les paysans riches, les paysans moyens et autres classes exploiteuses qui ne veulent pas rejoindre le cercle d’étude ou la parti doivent être empêchés d’être recrutés directement comme guérillero, et si recrutés, il faut les évincer. En ce qui concerne le débat, il faut se conformer aux principes de discussion.

Les guérilleros et les cadres du parti travailleront en restant rigoureusement dans la clandestinité dans les régions où la « Force de libération » de la Ligue Awami est active, se reposeront principalement sur les ouvriers, les travailleurs agricoles, les paysans pauvres, les paysans moyens inférieurs, resteront dispersés dans leurs maisons, construiront l’organisation du parti parmi eux et travailleront dans des régions plus vastes en se reposant sur eux.

Les paysans constituent la classe la plus révolutionnaire dans les villages. La Guerre de Libération Nationale est surtout leur guerre. Notre existence et la victoire de la révolution dépend de combien nous comptons sur eux, les poussons à agir et les organisons.

Dans les régions rurales, nous devons concrétiser solidement la distribution gratuite des terres des ennemis nationaux aux travailleurs agricoles, aux paysans pauvres et diminuer l’exploitation des Jaminders patriotes (gros propriétaires fonciers), des Jotedars (petits propriétaires fonciers) et des usuriers. Les masses paysannes nous soutiendront entièrement pendant la matérialisation de notre programme de distribution des terres et de diminution de l’exploitation féodale. En s’opposant à ce programme, les réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami seront reconnus comme ennemis des paysans. Ceci est le point qui sera la distinction importante de notre travail avec eux.

En nous reposant sur eux, nous pouvons écraser les activités de guérilla des laquais des six montagnes. En se reposant sur les masses, 17 de nos guérilleros ont attaqué 287 de ces réactionnaires, en tuant cinq tandis que le reste fuyait craignant de mourir. Au final, ils furent tués par les bandits militaires pakistanais.

Nous pouvons mener des activités de guérilla de la façon mentionnée ci-dessus contre les envahisseurs réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami infiltrés dans nos zones libérées, et nous pouvons conserver notre autorité dans nos zones en les renversant et en les évinçant.

6. Récemment, parmi nos guérilleros se sont posées des questions pour savoir si oui ou non nous pouvons poursuivre la guérilla dans les plaines, faire face à l’attaque réactionnaire de la « Force de libération » de la Ligue Awami et travailler dans de telles zones où ils sont présents. La question de savoir si oui ou non nous pouvons poursuivre la guérilla dans les plaines résulte de l’intensité et de la violence de la campagne d’encerclement-anéantissement des fascistes militaires pakistanais dans la Front Area No 1 et de la notion à laquelle les cadres sont parvenus par la lecture de livres, notion selon laquelle les collines sont appropriées à la guérilla. La dernière question résulte de la présence de la « Force de libération » de la Liguel Awami partout, de leur position de membre ’naxal’, de leur encerclement et désarmement de nos unité dans la Front Area No 1 et les autres Front Areas, de la capture et du meurtre de nos cadres par eux, et enfin, du repli de nos guérilleros de différents fronts.

La majeure partie du Bengale oriental est constitué de terrains plats et fluviaux. La victoire et l’échec de la révolution du Bengale oriental dépend du lancement, du maintien et du développement de la guérilla dans ces plaines et ces rivières.

L’expérience des derniers mois a déjà démontré que des zones libérées instables et interchangeables peuvent être établies dans les plaines. Les Fronts Area No 1, 2, 5 (les Fronts Area No 2 et 5 étaient dans les districts de Barisal et de Faridpur – Sarbaharapath) et celles de Pabna et de Tangail sont des preuves de cela.

Ces régions ne sont pas contrôlées par les ennemis nationaux, les guérilleros se déplacent en toute liberté, l’autorité politique est ou a été instaurée.

Les expériences de la Front Area No 1 et d’autres prouve que la campagne d’encerclement-anéantissement des bandits militaires pakistanais ne peut pas nous écraser et que si nous ne pouvons pas briser cet encerclement-anéantissement en effectuant une contre-attaque, la guérilla peut être étendue vers de nouvelles régions en franchissant l’encerclement. Ainsi, après l’encerclement et l’anéantissement sur la Front Area No 1, la guérilla s’est propagée dans certaines régions des districts du Barisal et s’est maintenue.

Mais parmi les guérilleros, des réactionnaires de la Force de libération de la Ligue Awami qui ont rejoint les réactionnaires de la force de libération revenus d’Inde nous ont trahi et les ont informés des positions de nos guérilleros. Dans certaines régions, les Jotedars, les Jaminders et les intellectuels réactionnaires ont transmis nos renseignements aux réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami, ce qui nous a infligé d’énormes pertes.

Les raisons derrière cet échec sont : ne pas avoir effectué l’organisation du parti, ne pas avoir donné de cours de politique aux guérilleros, le militarisme dans le leadership, ne pas avoir eu de bon rapport entre les commandants et les commissaires politiques de haut rang d’une part et les membres d’autre part, ne pas avoir fait de travail organisationnel parmi les masses, ne pas s’être reposé uniquement sur les paysans et ne pas avoir bien gardé le secret quant aux positions de la guérilla et dans le rapport entre les rangs inférieurs et supérieurs. Par conséquent, si nous éliminons ces raisons, la trahison interne et l’apostasie seront empêchées et personne ne sera en mesure de nous séparer du peuple et de nous anéantir.

De plus, les guérilleros doivent être directement recrutés dans les révolutionnaires des travailleurs agricoles, des paysans pauvres, des ouvriers, de la Ligue de la Jeunesse et des organisations de masses dirigées par le parti. Ces intellectuels et autres patriotes qui ont rempli les conditions pour devenir membre du parti en rejoignant le cercle d’étude peuvent être admis dans la force de guérilla.

Il faut que les guérilleros abandonnent l’habitude de vie qu’est le camping et s’abritent dispersés dans les maisons des travailleurs agricoles, des paysans pauvres, des paysans moyens inférieurs et des ouvriers, ils doivent participer au travail avec eux et les organiser. De cette façon, les cadres seront remodelés, la confiance en la paysannerie se développera et la relation inséparable avec le peuple se développera.

Les réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami sont isolés du peuple ; ils restent sur les bateaux ou dans les maisons des Jotedars et des Mahajans (Mahajans signifie usuriers – Sarbaharapath). Ils recrutent les guérilleros parmi ceux qui ont minimum un diplôme moyen d’école primaire, c’est à dire qui viennent de familles de Jotedars, de Mahjans (usuriers – Sarbaharapath), de paysans riches et de la bourgeoisie.

Dans les régions rurales, la communauté des travailleurs agricoles, des paysans pauvres, des paysans moyens inférieurs et des ouvriers est totalement différente de celle des Jotedars, des Jaminders et des paysans riches. En profitant de cette occasion, il est parfaitement possible pour nous de facilement faire un travail clandestin parmi les travailleurs agricoles, les paysans pauvres, les paysans moyens inférieurs et les ouvriers, d’y recruter des guérilleros, d’anéantir l’ennemi national, de construire l’organisation du parti et d’écraser et de désarmer les réactionnaires de la Force de libération de la Ligue Awami.

Dans les régions où il y a la Force de libération de la Ligue Awami, nous devons travailler en gardant le secret avec sérieux, recruter les guérilleros un par un, rester dans la clandestinité, si nécessaire régulièrement changer d’abri, garder cela secret, entrer dans l’abri la nuit et sortir tôt le matin, le cas échéant, pendant la journée, rester en se servant de méthode telle que de rester sur l’échafaudage. Nous devons former les guérilleros au sujet du secret et à faire la propagande en chuchotant et par l’intermédiaire d’affiches et de tracts.

Les travailleurs agricoles et les paysans pauvres d’un village ont des rapports et une familiarité avec ceux d’autres villages. Ainsi, grâce aux paysans d’un village, nous pouvons faire un groupe de guérilleros, une organisation de parti, anéantir l’ennemi national et propager les activités de la guérilla dans un village après l’autre. Nous devons nous servir de ces types d’intellectuels qui peuvent facilement vivre une vie de travailleur agricole ou de paysan pauvre et travailler en gardant le secret sérieusement.

Dans les régions où la Force de libération ne reste pas en permanence mais où elle se rend souvent, il faut que nous travaillions de la façon mentionnée ci-dessus. Notre travail se déroule de cette façon dans trois régions proches de Dhaka devant les réactionnaires de la Liberation Force de l’Awami League. Dans certains cas, ils s’abritent dans les maisons de nos sympathisants ou de nos cadres. Bientôt, la campagne pour les désarmer et les renverser va être déclenchée.

L’expérience démontre que sin nous suivons la méthode mentionnée ci-dessus dans le recrutement et le travail, nous pouvons étendre et maintenir la guérilla dans les régions des réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami et les régions où ils viennent souvent et enfin nous pouvons capturer leurs régions en chassant ces réactionnaires.

Les fascistes de « Force libération » Awani restent généralement sur des bateaux en mouvement. En règle générale, ils s’arrêtent dans les maisons des Jaminders féodaux, des paysans riches, mangent et boivent avec insouciance, libèrent des ennemis nationaux en échange d’argent, s’abritent dans leurs maisons, perçoivent de l’argent violemment. Parfois, ils vont dans les maisons des pauvres et s’ils n’obtiennent pas de viande et de riz, ils les frappent sous la menace d’un fusil, ils utilisent des passeurs sans payer, obligent les gens à transporter des armes, torturent les femmes, commettent des actes de banditisme, endommagent les propriétés des gens, en particulier les cultures et brûlent les Jutes.

La majeure partie des membres de la « Force de libération » viennent de familles de Jaminders, de Jotedars, de paysans riches et d’intellectuels, c’est-à-dire des classes exploiteuses. Ils utilisent des revolvers pour supprimer les travailleurs agricoles, les paysans pauvres, les paysans moyens inférieurs et les ouvriers. Sans distinction d’ennemi ou d’allié, ils tuent tout le monde, même leurs propres gens aussi.

Ils n’effectuent pas de propagande parmi la population, ne l’arment pas et n’instaurent pas leur autorité politique, etc. Plutôt que de s’unir avec les révolutionnaires patriotes, ils ont pris la voie de leur désarmement et de leur liquidation. Avec ce but, par ordre des réactionnaires du soi-disant gouvernement du Bangladesh, ils travaillent pour l’intérêt des six montagnes.

Pour toutes ces raisons, dans la plupart des régions, la population est furieuse contre eux et craint leur terreur. Dans certaines régions, les habitants veulent récompenser ceux qui liquideraient les réactionnaires de la « Forcede libération ». Ils veulent renverser aussi bien les bandits militaires pakistanais que les bandits réactionnaires de la « Force de libération ».

Très souvent, il n’y a aucun contact entre les différentes unités de ce gang de bandits réactionnaires. Ils se livrent à des tirs fratricides, un groupe désarme ou tue un autre. Bien qu’ils aient des armes modernes et des hommes, ils n’ont pas la stratégie ni la tactique militaire, la morale ni la confiance en la population qui sont nécessaires pour affronter la campagne d’encerclement et d’anéantissement ou de ’recherche et destruction’ des bandits militaires pakistanais.

Ceux dont ils utilisent la maison comme abri et qu’ils libèrent, ces ennemis nationaux les anéantiront en appelant les bandits militaires. Dans certaines régions, les habitants aideront aussi les bandits militaires contre eux.

Il ne sera pas possible pour les grosses unités du gang de bandits réactionnaires de la « Force de libération » de la Lige Awami de se maintenir face à la campagne hivernale des bandits militaires pakistanais. Ils se sépareront, un grand nombre perdra la vie tandis qu’un grand nombre ira en Inde. Ils sont nombreux à déjà aller en Inde avec l’espoir de revenir à la prochaine saison des pluies. En conséquence des arrestations à Dhaka, les membres d’unités différentes ont perdu contact.

C’est pourquoi la pression exercée par les réactionnaires de la « Force de libération » de la Ligue Awami sur nous s’atténuera. Dans cette situation, il nous sera possible de recueillir les armes des membres de ce gang de bandits et d’instaurer notre droit dans un rayon plus large de leurs zones abandonnées. Nous serons en mesure de revenir dans nos anciennes zones.

7. Si nous pouvons passer en revue et appliquer de façon créative les points ci-dessus, nous serons certainement en mesure de maintenir notre développement et notre dynamisme et de remporter la victoire en faisant face à encore plus de problèmes complexes.

Octobre 1971


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